LES DERNIERES NOUVELLES

Mise à jour du 17 mars 2019 à 21h30

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15 mars 2019

NELIN, RENE BARBIER 2004 (*****)
Vin de très grande envergure qui est au sommet maintenant, mais qui ne va pas décliner avant longtemps.
Les arômes sont complexes avec beaucoup d’ampleur. On rejoint un peu l’aspect oxydatif, mais uniquement
dans son côté positif. Quel caractère! Le vin est onctueux et riche, mais il n’a aucune lourdeur ou sucrosité.
C’est le gras impressionnant qui lui procure cette chair voluptueuse à souhait.
Sa personnalité est aussi marquante. Grand maintenant, mais pour longtemps encore.
CLOS MOGADOR, RENE BARBIER 2004 (*****)
Les arômes sont encore très frais. On est sur des fruits noirs, du cuir et des épices. La personnalité est remarquable.
Le vin est très structuré et fort. Mais tout est équilibré. Les tannins n’ont pas encore atteint leur maximum.
Vin de haute expression.

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25 février 2019

Dégustation des vins de la Tenuta Tignanello (Antinori) dans la zone de Santa Cristina en plein coeur du Chianti.
Je ne vous livre que les crus qui ont été remarquables.
CHIANTI CLASSICO SANTA CRISTINA, ANTINORI 1970 (****)
Arômes racés avec une note fumée intéressante. C’est toujours bien vivant. Vin rond à l’attaque.
On ressent une belle matière de base. Une superbe acidité soutient la longue finale.
TIGNANELLO, ANTINORI 1971 (****)
C’est le premier millésime de Tignanello. Aromes un peu rustiques, mais il s’agit aussi d’une belle personnalité.
Notes de caramel et de bois doux. On ressent une certaine sur maturité de récolte qui fait penser à du Porto.
Vin riche et corsé. Le gras enrobe toutes les composantes du début à la fin. Note empyromatique positive.
La finale, sur la réglisse, est soutenue.
TIGNANELLO, ANTINORI 1979 (*****)
Au nez, c’est noble et élégant avec beaucoup d’ampleur. On sent un fruit bien mûr de récolte. L’ensemble fait
penser à du Bordeaux classique. Le vin est corsé avec des tannins encore athlétiques. Belle acidité de soutien.
Grande longueur.
SOLAIA, ANTINORI 1979 (*****)
Arômes amples qui indiquent un fruit de base gorgé de soleil. Le boisé est encore présent. Il y a beaucoup de
volume et de caractère. Au départ, la bouche semble trop alcooleuse avec des tannins assez rudes. L’ouverture
transforme le vin. Il devient plus élégant et équilibré. Il atteint une dimension insoupçonnée.
Son fruit rajeunit et l’ensemble procure un grand plaisir.
CHIANTI CLASSICO RISERVA, ANTINORI 1978 (****)
Arômes classiques avec de la race. Le fruit est pur avec des notes florales. Le vin est resté jeune et droit,
sans vieillissement. Il procure beaucoup de plaisir, mais il lui manque juste un peu de dimension.
TIGNANELLO, ANTINORI 1978 (*****)
Nez racé, noble et dense de grand Bordeaux classique. Belle touche d’épices fines. Vin structuré avec un beau
volume de bouche. Le gras dense s’accorde parfaitement avec un fruité concentré.
La fraîcheur finale est fantastique.
SOLAIA, ANTINORI 1978 (*****)
C’est le premier millésime de Solaia. Les arômes sont purs, élégants, fins et denses. On devine une récolte parfaite.
Quelle classe! Le vin est harmonieux du début à la fin. Le gras n’est là que pour enrober le fruit, l’acidité et les tanins
somptueux. Grande longueur et jeunesse incroyable. Le sommet de la soirée pour tous les convives.

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19 février 2019

Une série d’Ermitage dont je ne présente ici que ceux que j’ai préférés
ERMITAGE, DENIS MERCIER 2011 (*****)
L’Ermitage dans toute sa splendeur et avec les caractéristiques que l’on désire: truffe blanche et eau-de-vie
de framboise. Le gras est fantastique. Une grande corpulence sans lourdeur: c’est une sorte de paradoxe,
mais ça existe.
ERMITAGE, GERALD BESSE 2008 (*****)
Les arômes présentent parfaitement les caractéristiques du cépage tel qu’on le désire en Valais: eau-de-vie
de framboise et truffe blanche. La finesse est incroyable pour un vin de ce type et, bien entendu, pour de
la Marsanne. S’y rajoute une fantastique minéralité, marque des vins exceptionnels. La fraîcheur de l’ensemble
est aussi un sujet d’émerveillement.
ERMITAGE LES CHAPELLES, PROVINS VALAIS 1966 (*****)
Arômes fins et élégants avec des notes d’épices fines (safran) et de fleur jaunes. Etonnamment, rien n’est lourd.
L’ensemble paraît sans âge. La tenue du vin est exceptionnelle. Il y a du gras, mais sans aucune sensation sucrée.
Buvabilité fantastique.
ERMITAGE LES CHAPELLES, PROVINS VALAIS 1961 (*****)
Arômes nobles et complexes. Tout est pur et droit. Les tertiaires sont juste présents de manière positive.
Notes d’épices fines. Vin équilibré au possible avec une buvabilité remarquable. Le gras est là, sans sucre.
Quelle classe! Comme sur tous les grands vins âgés, il rajeunit à l’ouverture.

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16 février 2019
DECES DE GIANFRANCO SOLDERA
Gianfranco Soldera nous a quittés ce samedi 16 février 2019 à l’âge de 82 ans.
Seul dans sa voiture, il est sorti de la route à proximité de son vignoble.
Lorsque les sauveteurs l’ont dégagé, il a fait un arrêt cardiaque qui lui fut fatal.

Né en 1937, il fit sa carrière professionnelle dans les assurances. Sa passion pour le vin le fait acheter le
domaine « Case Basse » dans l’appellation Brunello di Montalcino en 1972 (23 hectares dont 6,3 pour les vignes).
Son premier millésime sous cette appellation fut le 1977. D’emblée, la réussite qualitative fut au rendez-vous.
Sa notoriété fut quasi immédiate, et sa forte personnalité fut tout aussi rapidement un sujet de discussion.
Son caractère sans compromis ne lui a pas valu que des amis, mais quel bonheur ce fut pour moi que de
l’avoir côtoyé!

Ma visite chez lui en 1985 fut une sorte de révélation: oui, on peut faire de grands vins sans trop de technologie!
Il suffit d’avoir un nez et de bons raisins, disait-il. Mais, cela peut paraître paradoxal, absolument rien n’est laissé
au hasard. Son domaine, sorte de paradis terrestre avec des animaux qui marchent et qui volent, est un
écosystème unique. Tout y a un sens, y compris la création d’un humus idéal pour la substance organique du terrain.

Sa cave édifiée en 2001 vit et respire, sans ciment entre les pierres de construction.
Cet homme un peu abrupt lorsqu’il s’agit d’affaires a un coeur et une sensibilité hors du commun.
L’instant passé avec lui est, dans un autre style, autant instructif que celui passé avec Henri Jayer.
La simplicité de ses explications est tout autant désarmante.

Pour moi, ses Brunello sont de loin mes préférés. Ils sont aussi très différents de tous les autres.
J’ai pu déguster tous les millésimes qu’il a enfantés. Chacun a sa place dans l’ensemble de sa production,
aucun n’est faible ou moyen, tous sont excellents.

Ainsi, en l’espace de 13 mois, mes deux producteurs italiens préférés sont décédés:
Bruno Giacosa et Gianfranco Soldera.
Je n’ai qu’un souhait: que leur génie perdure au travers de leurs successeurs.

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14 février 2019
PORTO, ANTONIO CAETANO RODRIGUES 1834 (*****)
L’étiquette indique l’année 1834 et « engarrafado em 1860 » puis « decantado em 1936 ».
La bouteille fut ouverte et décantée le matin pour le soir. La « croûte » était importante. La couleur est très belle
mais assez claire. Les arômes sont tout autant fins que denses. On est principalement sur les fruits confits,
comme la cerise et la fraise. S’y rajoute une notre fort agréable d’herbes aromatiques, de nougat, de caramel
et de date. Le vin est pourvu d’une douceur angélique qui enrobe une superbe acidité et une amertume positive
d’herbes macérées. Le renfort d’alcool est parfaitement réussi: il ne fait que d’intensifier toutes les sensations.
La longueur est proprement interminable.
1834 est un très grand millésime à Porto. C’est aussi l’année où le renfort d’alcool, tel qu’on le connaît pour
ce genre de vin, s’est généralisé.