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Mise à jour du 1 novembre 2018 à 13H00

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31 octobre 2018
CHAMPAGNE CLOS DES GOISSES, PHILIPPONAT 1990 (*****)
Couleur or dense. Les arômes sont un peu fermés au départ. Ensuite, tout se développe admirablement.
Notes de chaume, de noisette, de fruits confits avec des écorces séchées (orange), de craie… La personnalité est
impressionnante. On sent une base de très haut niveau. Le vin est pourvu d’une bulle parfaite, sans ostentation.
L’attaque est ronde mais ferme. On ressent une impression sucrée sans que cela soit du sucre. L’acidité de citron
confit donne le grand équilibre à cet ensemble monumental. Champagne d’anthologie qui tiendra encore longtemps.
GEVREY-CHAMBERTIN 1ER CRU LES CHAMPEAUX, DENIS MORTET 1999 (*****)
Dès le départ, on sait que l’on est sur un morceau de choix. C’est extrêmement dense et racé. Le Pinot Noir s’exprime
dans tout son fruit (fraise, framboise). La complexité part sur des notes de tabac, de fourrure et d’épices fines.
Quelle noblesse et quelle personnalité! La bouche est concentrée au possible, mais tout reste équilibré.
La chair du fruit est soyeuse mais ferme. Très grande persistance. Un vin qui marque.

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27 octobre 2018
CHATEAU D’YQUEM 1995 (*****)
Grand millésime d’Yquem. Il est équilibré et très pur. Sa carrière ne fait que commencer.
CHATEAU D’YQUEM 1927 (****)
Arômes de fruits exotiques sur mûrs. On y sent des agrumes et des abricots secs. Les tertiaires sont là bien entendu.
Le vin est pourvu d’une légère sucrosité et d’une haute acidité. Le caractère est là.
L’ensemble est remarquable, mais on aurait voulu y trouver un peu plus de classe.

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24 octobre 2018
JOHANNISBERG MONT D’OR, DOMAINE DU MONT D’OR 1967 (*****)
Les arômes sont d’une complexité exceptionnelle. On sent le caractère du cépage de par son côté floral et par ses notes
de petits fruits secs (amande). C’est la classe-même à tous les niveaux. Il semble être là, comme sans âge, posé sur un
trône majestueux. Le vin est d’une très grande pureté. L’équilibre est sans faille. On est sur des fruits exotiques (jus
d’ananas) et des épices fines. La densité ne part en aucune manière sur de la lourdeur. Grande longueur. On dirait que
toutes les composantes sont placées comme les notes de musique qui vont composer la symphonie parfaite.
Un moment intense de plaisir et d’émotion.
ERMITAGE MERLE DES ROCHES, DOMAINE DU MONT D’OR 1967 (?)
J’ai toujours considéré ce sujet comme le plus grand vin de Suisse.
Cette fois-ci, ses énormes qualités n’ont pu être qu’approchées à cause d’un bouchon défectueux.
CHATEAU D’YQUEM 1967 (*****)
Millésime exceptionnel chez Yquem. Avec le temps, il semble encore prendre de la complexité et de la finesse.
Sa densité est fantastique. L’équilibre entre la douceur et l’acidité est parfait. Plus il prend de l’âge, plus il se rapproche
des grands Tokaji. C’est-à-dire que sa sucrosité part sur le sucre candi et les raisins de corinthe.
Cette bouteille a été ouverte juste avant la dégustation. Elle a mis du temps à s’épanouir, mais on a atteint le sommet.

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22 octobre 2018
GEWURZTRAMINER GRAND CRU ROSACKER, MITTHACHT-KLACK 1991 (*****)
Le temps a procuré à ce cru l’élégance et la noblesse. Le cépage a perdu de son exubérance et a grandi en classe.
Le vin est parfaitement équilibré.
SANCERRE CLOS DE LA NEORE, EDMOND VATAN 2012 (*****)
Grand vin sur lequel l’aspect minéral-terroir l’emporte sur le cépage.
La pureté est fantastique et la personnalité est au rendez-vous. Tout grand sujet.
MONTRACHET, OLIVIER LEFLAIVE 1997 (*****)
Vin de forte personnalité qui a mis un certain temps à s’ouvrir. On y trouve le gras et le volume que l’on est en
droit d’attendre de ce terroir. La finale reste aussi très fraîche grâce à son acidité élevée.
On n’est pas sur le grand millésime mais l’ensemble atteint un niveau élevé.
MUSIGNY, JACQUES PRIEUR 2010 (*****)
Coleur assez foncée. Arômes très amples et denses avec de la race. Le vin est plus opulent que ce que j’aurais pensé.
Il est très équilibré et marqué par un fruit parfaitement mûr. Tout est là mais on sent qu’il a besoin de temps pour
s’épanouir et grandir encore.
COTE-ROTIE LA TURQUE, GUIGAL 1996 (*****)
Les arômes, d’une grande ampleur, partent sur les coulis de petits fruits noirs (sureau, mûre…).
C’est très élégant. Le vin impressionne par son volume.
Tout reste équilibré malgré la forte concentration des composantes.
CHATEAU HAUT-BRION 1970 (*****)
La bouteille est parfaite. Les arômes sont très classiques avec de la race. C’est dense et fin en même temps.
Vin de haute expression basé plus sur la subtilité et l’équilibre que sur la force.

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15 octobre 2018
CORNALIN CHAMPMARAIS, JEAN-RENE GERMANIER 2011 (*****)
Le type du cépage ressort parfaitement sur la cerise noire. L’élégance est là.
Sujet concentré et racé avec encore du potentiel.

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13 octobre 2018
L’ERMITA, ALVARO PALACIOS 1998 (*****)
Arômes très denses. On devine un suivi de tous les instants, de la vigne à l’élevage. Le vin est corsé et puissant,
mais garde tout son équilibre. Un grand sujet qui évoluera encore positivement.
CHATEAU LA MISSION HAUT BRION 1983 (*****)
Mais qu’il est beau ce cru que je ne pensais pas atteindre un niveau si élevé. Grand sujet avec la race et la force
des grands millésimes de Mission. Il ne donne aucun signe de fléchissement.
VEGA SICILIA UNICO 1969 (****)
Très beau sujet de force et de caractère. Il impressionne sur beaucoup de points, notamment sur la tenue.
Il me semble quand même manquer d’un peu d’harmonie ou de classe (sur cette bouteille).
VINHO TRADADO BRANCO, ARMAZEM DE ALMEIRIM 1957 (*****)
C’est la deuxième fois que je peux déguster ce cru issu d’une très vieille vigne de Bastardinho (Portugal, région Ribatejo).
Le vin est une pure réplique de grand Madeira. Il en a la couleur, les arômes, la densité et le rancio. Cette bouteille est
presque aussi grandiose que celle dégustée en août 2016, et que je mettais dans les plus hauts niveaux. Mais cette fois-ci,
la présence d’acidité volatile se remarque un peu plus. Cela est peut-être dû au fait que cette bouteille n’a pas été ouverte
suffisamment à l’avance.

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11 octobre 2018
MADEIRA MALVASIA ROXO, QUINTA DA CONCOLACAO 1907 (*****)
Lorsque la bouteille fut ouverte le matin et doublement décantée, les arômes étaient d’une extraordinaire densité avec le
rancio habituel, mais aussi avec une note de camphre et d’acidité volatile. Le vin fut apprécié le soir lors d’un repas.
La magnifique couleur or dense tirant sur l’ambre présage déjà l’excellence. La journée d’aération a transformé les arômes
de manière à ne garder que la pureté la plus extrême. On n’en croit pas nos narines, tellement la délicatesse va de pair
avec la complexité et la force. Le rancio dense est accompagné par des notes de pâte et d’écorces de fruits confits, de
caramel, de raisins secs, de noix et d’épices orientales. Il y a quelque chose qui fait penser à la vieille chambre
aristocratique avec ses anciens meubles en bois et son atmosphère quelque peu confinée. On s’y croirait. Tout est si dense
et si impressionnant qu’un convive s’exclame: « que veut-on de plus! ». Le vin est la perfection même. Jamais je n’ai vu une
telle harmonie et une telle puissance réunies! La douceur est confondue avec un gras visqueux tout en sensualité. L’acidité
extrêmement élevée affole les papilles. Le plaisir procuré est inégalé. Le palais ressent plutôt une substance soyeuse et
charnue qu’un liquide. Le sujet retransmet une incroyable impression de vigueur. La longueur de bouche n’a plus rien à voir
avec ce qui est courant. On profite encore de toutes les fabuleuses composantes durant une « éternité ». Cela disparaît au
bout d’un moment et ça reparaît un peu plus tard.
Ce divin nectar a tout juste 111 ans. Est-ce une coïncidence si l’on y retrouve trois fois le un, nombre divin par excellence?
Je viens de décrire le plus grand vin de ma vie.
Je ne croyais pas boire une fois un vin que j’allais mettre au-dessus de tous les autres. J’ai pu goûter Yquem 1811, Latour à
Pomerol 1961, Porto Quinta do Noval Nacional 1931, Romanée-Conti 1945, Mouton-Rothschild 1945, Cheval Blanc 1947,
et j’en passe. Mais tous me paraissaient des sommets impossibles à dépasser sans que je puisse en préférer un
particulièrement. Cette fois-ci, c’est fait.