QUELQUES EVENEMENTS RECENTS

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Mise à jour: 11 février 2018

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8 février 2018

PORTO CONSTANTINO’S COLHEITA 1887 (*****)

Belle couleur d’un brun clair et limpide. Arômes tout en finesse et en délicatesse. La complexité est énorme et l’aération le voit sans cesse changer. Notes de raisin de Corinthe, de caramel, de sucre brûlé, de thé froid et d’épices fines ou d’herbes aromatiques. La bouche est une véritable dentelle. La sucrosité n’est pas élevée. Elle n’est là que pour apporter une charmante rondeur à l’ensemble. Tout est superbement soutenu par une acidité élevée qui lui procure une fraîcheur étonnante. Du reste, il semble encore agile comme un adolescent fougueux. Une amertume positive d’herbes macérées, comme dans de vieux Vermouth, rajoute une qualité supplémentaire à ce cru de 131 ans. Bu à l’aveugle, on aurait de la peine à penser immédiatement à un Porto. La consistance est plus légère et le style se rapproche un peu des liqueurs médicinales et d’un Tokaji ancien. Le soutien d’alcool semble aussi être plus « léger » que sur un Porto habituel.

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23 janvier 2018

CHATEAU LAFITE-ROTHSCHILD 1957 (****)

Couleur encore très belle. Les arômes correspondent bien au Lafite: c’est la noblesse et la subtilité. Contre toute attente, rien n’indique le mauvais millésime. Ce n’est pas la puissance, mais plutôt le côté vivant et délicat qui caractérise ce vin. En bouche, c’est une véritable dentelle faite pour le plaisir. Il n’a pas une forte corpulence. Il joue avec d’autres atouts: l’harmonie et la « buvabilité ». A 61 ans, ce cru n’est pas du tout affaibli.

BARBARESCO RISERVA SPECIALE, BRUNO GIACOSA 1964 (*****)

Magnifique couleur rouge un peu clair. Arômes denses et forts, très caractéristiques des vins de cette période et de cette région. On est sur les fruits rouges accompagnés par des notes de bois doux ou de réglisse. Le vin est très fort, riche et concentré. Sa personnalité est marquante. L’équilibre est maintenu par le fait que toutes les composantes sont fortement dimensionnées. Longueur extrême. La corpulence fait plus penser à un Barolo qu’à un Barbaresco.

BLACK LABEL WOLF BLASS 1986 (*****)

Couleur dense, très foncée. Arômes très amples et forts. On est plus sur le caractère marqué que sur la délicatesse. Notes de fruits noirs avec des épices et du bois exotique. Vin concentré et riche. C’est une belle masse ronde mais ferme. Un sujet impressionnant qui voit l’avenir sans peur de décliner avant longtemps.

CHATEAU COUTET 1924 (*****)

Couleur franchement ambrée. Arômes très complexes et fins. On est sur les écorces d’orange, la carambole, le thé froid, le caramel, le raisin de Corinthe… C’est dense tout en restant délicat. La bouche est fraîche grâce à une acidité citronnée élevée. La faible sucrosité donne une sensation de gras onctueux qui enrobe les autres composantes. On se rapproche du style des vieux Tokaji 3 ou 4 puttonyos. L’ensemble est des plus séduisants. Je pense que l’on ne retrouve plus ce genre de vin à l’heure actuelle.

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19 janvier 2018
SYRAH, DENIS MERCIER 1992 (*****)

Couleur assez dense, mais pas noire. Arômes un peu fermés au début. Puis tout s’arrange et devient élégant. On est sur les fruits noirs, l’humus et les épices fines. Il n’y a aucune rusticité. Le vin est très structuré mais pas lourd. Le fruit est toujours jeune et dynamique. L’acidité n’est là que pour rafraîchir l’ensemble. L’équilibre est sans défaut. Certainement l’une des plus grandes réussites de Syrah chez ce producteur.

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21 janvier

DECES DE BRUNO GIACOSA

Mon producteur italien préféré est décédé dans la nuit du 21 au 22 janvier 2018.

Ses vins sont parmi ceux qui m’ont procuré les plus grandes émotions.

Sa discrétion, son honnêteté, sa classe naturelle et son génie du vin ont fait de lui un producteur respecté de tous, même de ceux qui avaient des vues bien différentes des siennes.

Sa carrière est un exemple extraordinaire à tous les niveaux.

Il a reçu en 2012 un grade Honoris Causa. Lors de la cérémonie, une « Lectio Magistralis » le présentant fut lue. A cette occasion, Angelo Gaja a annoncé que Bruno Giacosa n’était pas seulement « l’un des plus grands producteurs du Piémont », mais « le plus grand ».

Bruno Giacosa est né en 1929. Son grand-père Carlo était déjà dans le domaine du vin à la fin du 19ème siècle. C’est en 1960 qu’il convainc sa famille de reprendre la production de vins en bouteilles et de créer l’entreprise « Bruno Giacosa ». Il peut déjà mettre sa nouvelle étiquette sur un 1957 qu’il avait gardé en cave.

Il introduit la notion de « cru » dès 1967 avec les fameux Barbaresco Asili, Barbaresco Santo Stefano et Barolo Collina Rionda.

Il était l’un des seuls à acheter ses raisins directement chez le vigneron (plutôt qu’au marché d’Alba). Le choix était plus sûr et convivial. Son meilleur outil fut toujours son nez. Il teste de cette manière le raisin sur la vigne et ensuite dans toutes les étapes qui le conduisent à la bouteille.

Sa rapide réussite n’est due qu’à la grande qualité de ses vins.

Bruno Giacosa peut être considéré comme un traditionaliste puisqu’il travaille de la manière la plus simple, sans levures sélectionnées et avec un élevage long en grands foudres.

On l’appelait « le Maître », « le Vieux Maître » ou « Dottor Bruno Giacosa » non sans raison.

Ceux qui ont eu la chance de boire un BAROLO COLLINA RIONDA RISERVA 1989 ou 1978, ou encore un BAROLO ROCCHE DI CASTIGLIONE FALLETTO RISERVA 1971 comprendront sans peine pourquoi je mets Bruno Giacosa au sommet de la hiérarchie mondiale.

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16 janvier 2011

FLASCHER COMPLETER, WEINGUT HERMANN 2011 (*****)

Arômes d’agrumes et de fruits exotiques avec une note minérale des plus purs. Vin impressionnant de structure. Il est très dense et frais. L’acidité pourrait gêner des palais peu habitués, mais elle procure à ce cru une vie exceptionnelle. Très long. Un des plus grands vins de Suisse.

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14 janvier

CHAMPAGNE CUVEE WILLIAM DEUTZ 1999 (*****)

Cette bouteille n’a subi aucun vieillissement négatif. Il est encore frais et dynamique. La bulle est juste celle qu’il faut. Le fruit est là, très pur et droit. D’autres bouteilles ont déjà commencé à décliner.

MONTRACHET PROSPER MAUFOUX 1986 (***)

Un très bon Chardonnay de Bourgogne. Il donne du plaisir, car il est rond et facile à boire. Il n’a pas de défaut. Mais il n’a de loin pas la grandeur d’un Montrachet tel qu’il doit être.

RIOJA GRAN RESERVA, FEDERICO PATERNINA 1928 (***)

La couleur est foncée. Ce vin a très bien tenu. Il est encore dynamique et sa structure est bonne. Il manque cependant de netteté et d’équilibre. Mais le plaisir de le consommer fut bien là.

RIOJA RESERVA, MARQUES DE RISCAL 1954 (****)

La couleur est foncée. Vin de forte de structure et de grand caractère. Il est vraiment bon et fait oublier les mauvaises pensées que l’on a sur ce millésime. Il n’a pas faibli avec le temps. Il lui faudrait simplement un peu plus de classe.

RIOJA IMPERIAL GRAN RESERVA, COMPANIA DEL NORTE 1960 (****)

La couleur est foncée. Vin de fort de structure et de grand caractère. L’âge ne l’a pas affaibli. Il possède des tannins athlétiques, mais sa structure lui permet de garder un bon équilibre.

RIOJA RESERVA, MARQUES DE RISCAL 1922 (*****)

La couleur est foncée. Les arômes indiquent une forte personnalité. On est sur les fruits noirs, les épices, le bois doux, la réglisse et l’humus. Le vin est toujours vaillant et dynamique. Les tannins sont athlétiques, mais les autres composantes donnent l’équilibre. La finale est longue et dense. Gand sujet de 96 ans.

MASSANDRA MUSCAT NOIR TAVRIDA 1938 (***)

J’en avais bu une bouteille extraordinaire en 2016. Je fus déçu cette fois-ci. J’y retrouve le style, mais tout est comme amoindri.

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13 janvier

DOLE TETE DE CUVEE, MICHEL CLAVIEN 1981 (*****)

La tenue est exceptionnelle. On est sur un grand vin à base quasi unique de Pinot Noir. Aucun vieillissement gênant. L’âge lui a simplement donné la sagesse et l’harmonie.

PINOT NOIR LA FOLLIE, MICHEL CLAVIEN 1985 (*****)

Je pensais ne plus jamais en retrouver! Ce Pinot Noir continue de m’impressionner, même âgé de 32 ans. Tout est parfait. La noblesse du cépage est là, ainsi que son fruité si pur et si généreux. Les tannins sont toujours présents, mais ils sont fondus à souhait. La fraîcheur est aussi là grâce à une acidité élevée qui soutient bien la chair voluptueuse. Un moment intense. Personnellement, je persiste à dire que l’on n’a pas encore trouvé jusqu’à maintenant un aussi grand Pinot Noir en Valais. De plus, lequel oserait prétendre à un tel potentiel de garde?