QUELQUES EVENEMENTS RECENTS

 

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Mise à jour: 22 janvier 2018

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DECES DE BRUNO GIACOSA

Mon producteur italien préféré est décédé dans la nuit du 21 au 22 janvier 2018.

Ses vins sont parmi ceux qui m’ont procuré les plus grandes émotions.

Sa discrétion, son honnêteté, sa classe naturelle et son génie du vin ont fait de lui un producteur respecté de tous, même de ceux qui avaient des vues bien différentes des siennes.
Sa carrière est un exemple extraordinaire à tous les niveaux.
Il a reçu en 2012 un grade Honoris Causa. Lors de la cérémonie, une « Lectio Magistralis » le présentant fut lue. A cette occasion, Angelo Gaja a annoncé que Bruno Giacosa n’était pas seulement « l’un des plus grands producteurs du Piémont », mais « le plus grand ».

Bruno Giacosa est né en 1929. Son grand-père Carlo était déjà dans le domaine du vin à la fin du 19ème siècle. C’est en 1960 qu’il convainc sa famille de reprendre la production de vins en bouteilles et de créer l’entreprise « Bruno Giacosa ». Il peut déjà mettre sa nouvelle étiquette sur un 1957 qu’il avait gardé en cave.

Il introduit la notion de « cru » dès 1967 avec les fameux Barbaresco Asili, Barbaresco Santo Stefano et Barolo Collina Rionda.

Il était l’un des seuls à acheter ses raisins directement chez le vigneron (plutôt qu’au marché d’Alba). Le choix était plus sûr et convivial. Son meilleur outil fut toujours son nez. Il teste de cette manière le raisin sur la vigne et ensuite dans toutes les étapes qui le conduisent à la bouteille.

Sa rapide réussite n’est due qu’à la grande qualité de ses vins.

Bruno Giacosa peut être considéré comme un traditionaliste puisqu’il travaille de la manière la plus simple, sans levures sélectionnées et avec un élevage long en grands foudres.

On l’appelait « le Maître », « le Vieux Maître » ou « Dottor Bruno Giacosa » non sans raison.

Ceux qui ont eu la chance de boire un BAROLO COLLINA RISERVA 1989 ou 1978, ou encore un BAROLO ROCCHE DI CASTIGLIONE FALLETTO RISERVA 1971 comprendront sans peine pourquoi je mets Bruno Giacosa au sommet de la hiérarchie mondiale.

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16 janvier 2011
FLASCHER COMPLETER, WEINGUT HERMANN 2011 (*****)
Arômes d’agrumes et de fruits exotiques avec une note minérale des plus purs. Vin impressionnant de structure. Il est très dense et frais. L’acidité pourrait gêner des palais peu habitués, mais elle procure à ce cru une vie exceptionnelle. Très long. Un des plus grands vins de Suisse.
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14 janvier
CHAMPAGNE CUVEE WILLIAM DEUTZ 1999 (*****)
Cette bouteille n’a subi aucun vieillissement négatif. Il est encore frais et dynamique. La bulle est juste celle qu’il faut. Le fruit est là, très pur et droit. D’autres bouteilles ont déjà commencé à décliner.
MONTRACHET PROSPER MAUFOUX 1986 (***)
Un très bon Chardonnay de Bourgogne. Il donne du plaisir, car il est rond et facile à boire. Il n’a pas de défaut. Mais il n’a de loin pas la grandeur d’un Montrachet tel qu’il doit être.
RIOJA GRAN RESERVA, FEDERICO PATERNINA 1928 (***)
La couleur est foncée. Ce vin a très bien tenu. Il est encore dynamique et sa structure est bonne. Il manque cependant de netteté et d’équilibre. Mais le plaisir de le consommer fut bien là.
RIOJA RESERVA, MARQUES DE RISCAL 1954 (****)
La couleur est foncée. Vin de forte de structure et de grand caractère. Il est vraiment bon et fait oublier les mauvaises pensées que l’on a sur ce millésime. Il n’a pas faibli avec le temps. Il lui faudrait simplement un peu plus de classe.
RIOJA IMPERIAL GRAN RESERVA, COMPANIA DEL NORTE 1960 (****)
La couleur est foncée. Vin de fort de structure et de grand caractère. L’âge ne l’a pas affaibli. Il possède des tannins athlétiques, mais sa structure lui permet de garder un bon équilibre.
RIOJA RESERVA, MARQUES DE RISCAL 1922 (*****)
La couleur est foncée. Les arômes indiquent une forte personnalité. On est sur les fruits noirs, les épices, le bois doux, la réglisse et l’humus. Le vin est toujours vaillant et dynamique. Les tannins sont athlétiques, mais les autres composantes donnent l’équilibre. La finale est longue et dense. Gand sujet de 96 ans.
MASSANDRA MUSCAT NOIR TAVRIDA 1938 (***)
J’en avais bu une bouteille extraordinaire en 2016. Je fus déçu cette fois-ci. J’y retrouve le style, mais tout est comme amoindri. 
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13 janvier
DOLE TETE DE CUVEE, MICHEL CLAVIEN 1981 (*****)
La tenue est exceptionnelle. On est sur un grand vin à base quasi unique de Pinot Noir. Aucun vieillissement gênant. L’âge lui a simplement donné la sagesse et l’harmonie.
PINOT NOIR LA FOLLIE, MICHEL CLAVIEN 1985 (*****)
Je pensais ne plus jamais en retrouver! Ce Pinot Noir continue de m’impressionner, même âgé de 32 ans. Tout est parfait. La noblesse du cépage est là, ainsi que son fruité si pur et si généreux. Les tannins sont toujours présents, mais ils sont fondus à souhait. La fraîcheur est aussi là grâce à une acidité élevée qui soutient bien la chair voluptueuse. Un moment intense. Personnellement, je persiste à dire que l’on n’a pas encore trouvé jusqu’à maintenant un aussi grand Pinot Noir en Valais. De plus, lequel oserait prétendre à un tel potentiel de garde?

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12 décembre 2017 ok
ECHEZEAUX, HENRI JAYER 1974 (*****)
Une bouteille (vraie) à considérer comme introuvable a décidé une poignée d’amis de faire le pas financier pour l’acquérir. Qui peut boire de nos jours du Henri Jayer? Nul ne fut déçu! Une inconnue était le millésime, car 1974 n’a pas beaucoup de cote. Par contre, Henri Jayer a souvent démontré du génie sur ce genre d’année. Le niveau est bon. Le bouchon sort très bien, en une seule pièce. La couleur rouge clair limpide est magnifique. Dès le départ, les arômes si fins, nobles, purs et délicats forcent l’admiration (nous sommes soulagés…). On sent le Pinot Noir dans toute sa splendeur. Le fruit rouge du cépage domine et on remémorise le fait que Henri Jayer égrappait toute sa récolte pour y parvenir au mieux. Ce nez! Mais ce nez! Il ne peut s’éloigner du verre!
La bouche est une parfaite continuation des impressions olfactives. Le fruit joyeux réjouit le palais. C’est une vague continue de sensations séduisantes. On se dit que le Pinot Noir, quand il est au sommet, n’a pas de concurrence. L’harmonie est au-dessus de tout et on peut à nouveau souligner combien Henri Jayer parvenait à contrôler les facteurs de climat et de récolte pour y réussir. L’ensemble est un joyaux précieux. Je n’ai pu m’empêcher de comparer ce vin aux autres grands de Jayer. J’y trouve les mêmes extrêmes qualités. Il n’y a que dans la structure que ce vin n’atteint pas le sommet d’un Cros-Parantoux 1990 par exemble. Mais l’harmonie, la pureté et le style sont identiques.