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Mise à jour du 3 juin 2020 à 22h30

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25 mai 2020
SAUMUR-CHAMPIGNY LE BOURG, CLOS ROUGEARD 2009 (*****)
Au nez, on ressent un caractère droit et net, sans détour mais avec un peu d’austérité.
On est sur les fruits noirs avec des notes de cuir. Tout est à sa place et on devine
un suivi méticuleux. Le vin est très concentré. Il n’a quasiment pas d’évolution.
La chair est ferme et les tannins athlétiques. L’aspect végétal du cépage (Cabernet Franc),
sur le poivron, ressort en finale, mais cela n’a rien à voir avec une récolte qui aurait
manqué de maturité. C’est un vin de forte personnalité, sans concession.
BLACK LABEL, WOLF BLASS 1993 (*****)
Ce fameux assemblage de Cabernet Sauvignon avec de la Syrah se porte bien.
Il est très mûr de fruit avec une certaine exubérance. C’est très plaisant.
On devine que la technologique n’a pas voulu tout dominer. En effet, une petite dose
d’acidité volatile a le bonheur de rajouter de la vie à l’ensemble. La bouche est
riche et charnue. On est sur les fruits noirs en coulis. La structure est remarquable.
Son âge ne se ressent pas du tout. Pour les épicuriens.
VEGA SICILIA UNICO 1966 (*****)
Vin à carafer absolument. Les arômes indiquent une force de la nature qui évite de
se conformer à la ligne officielle. On y sent des fruits noirs bien mûrs, du tabac,
des champignons, des épices, du bois exotique… En bouche, la densité est remarquable.
Les tannins et la concentration du fruit sont juste compensés par le glycérol.
On se demande même s’il n’y reste pas un peu de sucre, mais on n’a pas d’impression
de douceur. Les composantes sont solides. Très long. On ne fait plus le Unico de la
même manière à l’heure actuelle.
BAROLO GRANBUSSIA RISERVA SPECIALE, ALDO CONTERNO 1971 (*****)
La couleur est assez claire et on craint de trouver un vin passé. Mais les arômes
révèlent un cru encore vaillant, sur les fruits rouges. Ils allient la noblesse du
cépage au caractère des Barolo classiques. En bouche, c’est assez monumental.
Il y a de l’alcool, mais l’équilibre est sauvé par la structure des composantes.
L’acidité le rend frais en finale. On est à nouveau sur une sorte de force de la
nature qui ne peut laisser indifférent.
RIESLING ERBACHER REINHELL TBA
SCHLOSS REINHARTSHAUSEN 1959 (*****)
Le liquide ambré coule comme de l’huile dans nos verres. Les arômes indiquent une
récolte d’une maturité de fruit qui dépasse les normes habituelles des vins liquoreux.
On peut penser que c’est du botrytis pur. On est sur les confits de fruits avec du thé
refroidi, de la figue, de la date, du safran, des écorces d’agrumes séchées…
On se rapproche du style des très anciens Tokaji Aszu. La bouche est extraordinaire de
densité, ce qui est miraculeux quand on sait que l’alcool ne doit pas atteindre 8%.
La douceur dépasse aussi les limites habituelles des vins liquoreux. Mais il en est
de même avec l’acidité. L’ensemble est donc harmonieux.
Le palais reste longtemps imprégné par cette masse voluptueuse. Enorme sujet.

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20 mai 2020
CHATEAU LA FLEUR-PETRUS 1983 (*****)
Vin de charme avant tout. Tout est basé sur l’harmonie et la délicatesse. C’est une pure dentelle qui a
très bien tenu, malgré une base de densité moyenne. On devine que la même récolte aurait été traitée
de manière bien différente trente ans après. Mais la noblesse du terroir fait son effet et les gorgées se
succèdent à un rythme qui démontre le plaisir que ce vin procure.
ARVINE GRAIN NOBLE, DOMAINE CHAPPAZ 1993 (*****)
Peut-être le plus grand millésime du Domaine. La couleur est d’un or tirant sur l’ambre. Les arômes
sont d’une densité et d’une complexité exceptionnelles. On y ressent de la pâte de fruits, du café,
des épices fines, de la figue… En bouche, la concentration atteint des sommets. C’est une vague
onctueuse très douce, mais qui reste équilibré par une superbe acidité. La longueur est interminable.
Il est évident que les 27 années d’attente lui ont été fortement favorables.
L’âge lui a apporté un côté oxydatif qui peut le rapprocher des anciens Tokaji. Un vin marquant.


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19 mai 2020
CHAMPAGNE CRISTAL, ROEDERER 2005 (*****)
15 ans, c’est jeune pour un Cristal, mais cette bouteille avait remarquablement profité de ces
quelques années pour développer quelques d’arômes tertiaires, sur les champignons et le sous-bois.
Il a aussi renforcé les fameux arômes que l’on aime dans un grand Champagne: le chaume, le beurre
fondu, la noisette… Que c’est élégant!. En bouche, la bulle est maintenant parfaite. Elle est présente, mais sans ostentation. On devine une très belle matière. C’est dense, frais et long. Un tout grand Champagne.
CHAMPAGNE CUVEE RENE LALOU, MUMM 1979 (*****)
La couleur est d’or. Quelle beauté! Les effluves sont prenantes. La complexité est impressionnante.
L’âge ne lui a apporté que du bénéfice. On passe par tous les arômes qui dénotent le grand Champagne:
noisette, fruits exotiques, sous-bois… Une minéralité de grande noblesse couronne le tout. La bouche est
très dense et juteuse. La bulle, bien qu’un peu ténue, apporte la joie de l’effervescence. La race est là.
La longueur est extrême. On voudrait que tout Champagne puisse toujours se développer de cette manière. Une personnalité de haut vol.
MOREY-ST-DENIS 1ER CRU CLOS DE LA BUSSIERE, G. ROUMIER 2006 (*****)
Superbe cru séduisant qui porte la noblesse et la délicatesse de son terroir. Le fruit est mûr exactement comme il le faut. L’équilibre est parfait sur toute la ligne. Le vin est grand maintenant et il restera ainsi encore quelques bonnes années.
CHATEAU CHEVAL BLANC 1988 (*****)
Un Cheval Blanc qui semble parfait maintenant. Bien sûr, il voguera encore quelques décennies sur
cette vague, mais comment peut-il devenir encore meilleur? Il est marqué par toutes ses qualités
habituelles: amplitude, exotisme, maturité de fruit, équilibre, séduction… On ne peut qu’applaudir,
mais il n’atteint juste pas le génie d’un 1982 par exemple.
CHATEAU D’YQUEM 1946 (*****)
C’est la première fois que je goûte ce millésime peu réputé, mais bien rare. On sent immédiatement que
l’on n’est pas du tout sur la ligne du célèbre 1945, très liquoreux et puissant. Le 1946 joue la délicatesse
et la subtilité. La couleur est d’un or dense qui tire un peu sur le rouge. Les arômes font penser à une
récolte plutôt sur mûre que botrytisée. Mais c’est très complexe et pur. On y retrouve de la pâte de fruits,
des épices fines (curcuma), des fruits secs (amande) et des écorces d’orange ou de mandarine séchées.
Une certaine minéralité qui se rapproche de l’iode lui procure du caractère. J’apprécie beaucoup ce genre
de personnalité. Le vin est quasi sec, mais son glycérol marqué le rend onctueux et même charnu.
La concentration est là, mais rien n’est lourd. Le développement de bouche confirme la tenue remarquable
de ce cru. Son acidité lui apporte fraîcheur et tension. Mais il grandit encore grâce à une amertume
d’écorces de fruits exotiques. Très belle longueur.
Ce 1946 fait donc partie des millésimes dits « légers » d’Yquem. Ceux-ci doivent aussi exister, surtout
parce qu’ils procurent un plaisir intense. Ils offrent l’avantage d’une grande buvabilité et les accords
gastronomiques qu’ils permettent sont légions. Les spécialistes qui leur donnent de petites notes ne
comprennent pas qu’Yquem a la capacité d’être grand de plusieurs manières.
TOKAJI ASZU ESZENCIA, DR OLAH LASZLO 1920 (****)
Très beau Tokaji équilibré et pur. Les arômes sont habituels de ces années, avec un botrytis marqué et
un style un peu oxydatif positif. La bouche est harmonieuse. La douceur marquée est soutenue par une
haute acidité. L’ensemble est remarquable, mais j’aurais voulu y trouver un peu plus de présence.
MADEIRA MALVAZIA RESERVA, D’OLIVEIRA 1895 (***)
Les arômes sont extrêmement forts. On y reconnaît bien le Madeira avec son rancio et son caractère
marqué. Le vin est riche et puissant. L’alcool élevé rend la finale chaleureuse et stricte. Mais, au nez
comme en bouche, le vin est marqué par de l’acidité ascétique avec un peu de camphre. C’est un
défaut qui a gêné quelque peu mais qui n’a pas empêché la consommation de l’entier de la bouteille.

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30 avril 2020
CHATEAUNEUF-DU-PAPE, CLOS DES PAPES 1988 (*****)
Dégusté à l’aveugle, il a fait penser d’abord à un Bourgogne de par sa délicatesse et sa finesse.
Le fruit est mûr sans être compoté. C’est l’élégance même. La bouche est voluptueuse et équilibrée.
Le plaisir avant tout.
RIOJA IMPERIAL GRAN RESERVA, COMPANIA VINICOLA DEL NORTE 1944 (****)
A l’aveugle, on pense à la France sans pouvoir être plus précis. La couleur est encore dense.
Les arômes sont un peu rustiques mais rien n’indique qu’il a 76 ans. Le caractère est marqué.
Il a besoin de temps pour qu’il se mette bien en place au niveau de l’équilibre des composantes.
Le vin est concentré et strict au départ. L’ouverture lui accorde un peu plus d’harmonie et d’élégance.
Mais il est surtout impressionnant au niveau de sa personnalité et de sa tenue dans le temps. Cette
bouteille présentait cependant un vin moins charnu et moins impressionnant que celui bu il y a 6 mois.
CHATEAU DUCRU-BEAUCAILLOU 1990 (*****)
Grand millésime parvenu à une sorte d’aboutissement (pour cette bouteille). On sent la classe du terroir.
Tout est bien développé avec de l’élégance. Le Bordeaux dans toute sa splendeur, comme on aime, sans trop d’extraction, mais avec de l’harmonie. Il est évident qu’il va tenir encore un certain temps à ce haut niveau.

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29 avril 2020
JEREZ O. ROYAL, REAL TESORO (*****)
D’après les quelques renseignements trouvés, ce vin daterait du début des
années 1900 et serait du « Porto » alors que l’on est à Jerez. A l’arrière de la bouteille,
l’importateur italien indique « Vino Liquoroso » avec un alcool de 17%.

A la dégustation, tout fait penser à un grand Porto: couleur, arômes et goûts. On ressent bien le côté
cerise au kirsch, tout en élégance. On sent aussi que l’âge a procuré la complexité et la noblesse.
En bouche, tout est pur et droit, sans âge. L’harmonie est sans défaut.
On est plus sur la délicatesse que la force, mais il n’y a aucun manque de densité.