LES DERNIERES NOUVELLES

Mise à jour du 16 janvier 2020 à 9h00

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11 janvier 2020
Visite et repas chez Alexandre de Lur Saluces à Fargues
CHATEAU DE FARGUES 2015 (*****)
Il ne fait aucun doute qu’Alexandre de Lur Saluces met tout en oeuvre pour produire ce qui se
fait de mieux à Sauternes. Au nez, les confits de fruits côtoient le rôti du botrytis le plus parfait.
En bouche, l’harmonie est exceptionnelle. Le jus est doux sans excès. Tout est subtil et fin.
Les accords gastronomiques avec du poisson ou de la viande blanche éprouvés à cette occasion
démontrent qu’un Sauternes de haut rang peut trouver des partenaires adéquats durant tout un repas.
CHATEAU DE FARGUES 2007 (*****)
La couleur est un peu plus dorée que celle du 2015 mis en parallèle. L’âge a aussi plus développé les
arômes au niveau de la complexité. C’est un peu moins subtil ou délicat, mais le caractère est plus présent.
La bouche est remarquablement équilibrée et riche. L’accord gastronomique est tout aussi intéressant
qu’avec le 2015.
PORTO COLHEITA, NIEPOORT 1934 (*****)
(mis en bouteilles en 1971)
La couleur est encore bien dense. Les arômes sont forts avec beaucoup de caractère. L’âge est difficile
à évaluer car le fruité est encore très jeune. On est sur le kirsch accompagné par des notes d’épices.
La bouche est très dense et riche, mais l’équilibre est là. Le renfort d’alcool augmente toutes les sensations.
Il fut bien entendu judicieux d’accorder ce Porto avec les fromages.

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5 janvier 2020
BRUNELLO DI MONTALCINO, SOLDERA 1994 (*****)
Bouteille impressionnante de force, de richesse et de personnalité. Tout est bien là, en place,
et pour longtemps encore. Sans concession: la nature de la récolte doit primer. Grandiose.
PORTO VERY OLD TAWNY, FERREIRA 1900 (*****)
La couleur est encore d’une grande densité, très sombre. Arômes en même temps fins et denses.
La complexité est énorme: kirsch, épices fines, bois oriental, pruneau, fleurs délicates… La bouche
est très riche et concentrée, mais de grande harmonie. C’est un jus onctueux qui vous caresse le palais
du début à la fin. L’alcool élevé n’est là que pour augmenter les sensations. Une symphonie fantastique.

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23 décembre 2019
CHAMPAGNE DOM PERIGNON 1990 (*****)
Tout grand millésime de Dom Pérignon, sur la structure et la personnalité. Il a besoin d’aération.
Les arômes sont complexes et nobles. On sent, grâce au vieillissement, le développement des tertiaires
positifs sur la noix ou l’amande. En bouche, la bulle est encore très présente. La trame est serrée.
L’ensemble est dynamique et fait preuve de beaucoup de caractère.
SOLAIA, ANTINORI 2010 (*****)
Encore un grand millésime de Solaia. C’est ample, complexe et élégant. On y devine une récolte parfaite.
La bouche est d’une grande harmonie. Il est magnifique maintenant, mais ce serait plus poli pour lui de
l’attendre encore plusieurs années.
BARBARESCO SANTO STEFANO RISERVA, BRUNO GIACOSA 1974 (****)
Une bouteille particulière. On sent une forte personnalité. Les arômes sont complexes, sur des fruits noirs,
de l’humus, du cuir et des épices. Le vin est droit avec des tannins forts. Malheureusement, il manque un
peu de chair pour donner le plaisir maximal.
MASSANDRA AYU-DAG CAHORS, CRIMEE 1938 (****)
Grand vin liquoreux issu du cépage rouge Saperavi d’origine Géorgienne. Les arômes sont denses et fins.
On y retrouve bien les confits de toutes sortes de fruits. Cela rappelle aussi certains bonbons. La bouche
est très onctueuse et riche. La sucrosité est marquée. L’acidité élevée a quand même de la peine à
équilibrer le tout. Il manque aussi un peu de complexité. Vin malgré tout impressionnant.

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16 décembre 2019
CHATEAU L’EVANGILE 1975 (*****)
Superbe grand vin, au sommet maintenant. Très bonne structure, grand équilibre. Du caractère.
L’Evangile 1975 est une des excellentes réussites du millésime.
CHATEAU LAFITE-ROTHSCHILD 1975 (*****)
J’aime beaucoup ce Lafite. Il y a longtemps, Michel Dovaz lui donnait 10/10 en indiquant « grand et puissant ».
On ne parlait pas encore de l’échelle sur 100 points. Que dirait-il maintenant de la puissance des 2009 ou
autres. On n’est plus dans le même registre. Ce 1975 est réellement concentré et complexe, mais il n’est pas
lourd ou volumineux. Il a du caractère, de la subtilité et une personnalité de choix.
CABERNET SAUVIGNON, CANCILLER, ARGENTINE 1975 (****)
Magnifique Cabernet avec de la structure et de la personnalité. Il ne porte de loin pas ses 45 ans.
Un vin fait pour les curieux qui n’ont pas que l’étiquette en tête.

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15 décembre 2019
RIOJA VINA BOSCONIA GRAN RESERVA, LOPEZ DE HEREDIA 1954 (****)
Couleur encore foncée. Arômes complexes sur les fruits noirs, les épices et le cuir. Il y a une certaine race.
Le vin est bien constitué et n’est pas diminué par l’âge. Belle présence et beaucoup de caractère.
VINO DE LA RAZA, PEDRO DOMECK (****)
Jerez très spécial dont la recette a été décidée en 1892 pour les 400 ans de la découverte de l’Amérique.
C’était un assemblage d’Oloroso et PX de tonneaux déjà âgés à cette époque. On a choisi La Raza (la race)
pour célébrer la richesse culturelle créée par la fusion des races suite à la découverte du Nouveau Monde.
Le vin a été présenté seulement en 1929 lors de l’Exposición ibericoamericana de Séville. Il semble qu’il y
ait eu plusieurs mises. Celle-ci est probablement de cette époque. Certaines étiquettes de ce même vin
semblent démontrer des mises d’après 2005.
Les arômes sont typique des Jerez âgés, sur le rancio, avec beaucoup de caractère.
La bouche n’est pas réellement douce, mais le gras est très dense. L’équilibre est remarquable. !

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13 décembre 2019
CLOS-VOUGEOT, MOILLARD-GRIVOT 1957 (****)
Magnifique vin qui a gardé le beau fruité du Pinot Noir, tout en rondeur et en élégance.
On n’imaginerait pas un 1957, ni pour son âge, ni pour la qualité présumée du millésime.
VIEUX CHATEAU CERTAN 1976 (****)
Vin totalement ouvert à l’heure actuelle. Il est facile, élégant et très agréable, avec une grande buvabilité.
Sa structure est moyenne, mais il est remarquable d’harmonie. Que du plaisir.
CHATEAU CHEVAL BLANC 1975 (*****)
1975 est un grand millésime chez Cheval Blanc. Nouvelle preuve. La bouteille est parfaite.
Tout ce qui fait la grandeur de ce cru est là: onctuosité, séduction, équilibre, classe…

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9 décembre 2019
SOLAIA, ANTINORI 2005 (*****)
Superbe couleur rouge dense. Voici un Solaia d’un grand millésime épanoui et joyeux.
On sent que tout est suivi pour façonner un vin de haut vol.
Tout est là: fruit pur et concentré, harmonie et noblesse.
Mais la technologie a eu l’heur de ne pas effacer sa nature italienne. Bravo!

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5 décembre 2019
MONTRACHET, DRC 1972 (*****)
Couleur or dense. Au nez, c’est la classe et la noblesse. Il s’en dégage une impression de sagesse.
On y retrouve la grandeur du Chardonnay avec ses notes de beurre et de chaume.
La bouche est ronde à l’attaque, mais elle reste ferme grâce à une acidité vivifiante.
La ligne est parfaite du début à la fin. La très longue finale est toujours fortement soutenue
par la force des composantes. Elle est marquée par un aspect salé ou iodé.
A l’aération, le sujet rajeunit et semble pouvoir rester encore des années à ce haut niveau.
ARVINE, GILBERT DEVAYES 2015 (*****)
Arômes de grand caractère, vrai et fort. La complexité est là, principalement sur des agrumes avec
une minéralité fantastique. Le terroir s’exprime au mieux et domine l’aspect variétal: tant mieux.
La bouche est concentrée et dynamique. Harmonie parfaite.
On devine que l’avenir le rendra encore plus grand, ce qui n’est pas toujours le cas sur ce cépage.
BEAUNE CLOS DES MOUCHES, DR BAROLET 1930 (*****)
La couleur est encore d’un rouge intense, même si le disque a un peu bruni.
Au nez, on est immédiatement envahi par le fruit pur du Pinot Noir, sur la fraise.
Il s’y rajoute juste une touche de tertiaires très fins. Le vieillissement est peu marqué.
Le vin est rond à l’attaque, et même un peu sucré. Le fruité est d’une grande pureté avec l’acidité
élevée habituelle de ce cépage, ce qui rehausse de manière vivante l’ensemble. L’équilibre est parfait
du début à la fin. Grande longueur. Du dynamisme.
Cette bouteille est bien meilleure que la même bue il y a deux ans.
CHATEAU MUSAR 1978 (*****)
Très belle couleur rouge peu dense mais limpide. Au nez, on sent une vraie personnalité.
Le fruit très mûr est accompagné par une touche d’humus ou de cuir. Le vin est riche avec une rondeur
qui frise le sucre. Il est fortement constitué avec des tannins athlétiques, qui, associés à une acidité
élevée, durcissent la finale.
Un vin sans concession doté d’une structure de base qui le rend pour le moment indestructible.
CHATEAU LATOUR 1941 (*****)
Millésime considéré comme très faible. Mais cette bouteille est le deuxième exemple impressionnant
démontrant le contraire, après un grandiose Cheval Blanc bu il y a quatre ans.
La couleur est encore rouge dense. Les arômes racés et aristocratiques sont très complexes: fruits très
mûrs sur la prune et la figue, cacao, épices fines et kirsch.
La bouche est ronde à l’attaque. C’est plutôt un gras très prononcé que du sucre. Les tannins somptueux
sont soutenus par l’acidité que l’on connaissait à cette époque. La texture est serrée, pure et soyeuse,
sans aucun végétal. C’est simplement un caractère sans concession qui donne dans le sérieux plutôt
que dans l’exubérance. Il rajeunit à l’ouverture, signe des vins d’exceptions.
BAROLO, ALDO CONTERNO 1971 (***)
Arômes très ouverts sur les fruits rouges comme la fraise. C’est resté jeune mais c’est assez rustique.
Vin rond et riche, très soutenu en alcool.
L’évolution et aussi marquée par des tannins stricts et une acidité élevée, ce qui rend la finale trop rude.
CHATEAU HAUT-BRION 1926 (*****)
Magnifique couleur rouge dense. Au nez, la noblesse et la subtilité du terroir de Haut-Brion vous
enchantent immédiatement. On sent un fruit parfait de récolte avec du bois de santal et du tabac.
La jeunesse est incroyable. On peine à imaginer un âge sur un tel sujet. La bouche est onctueuse avec
un gras quasi visqueux. Mais cette chair voluptueuse est soutenue par une acidité citronnée.
Tout est dense, mais sans aucune lourdeur. Cela coule littéralement de source. La buvabilité et l’harmonie
sont exceptionnelles. Les tannins, soyeux au possible, marquent le palais comme si on en touchait le relief.
Très très long. Récolte parfaite, vin parfait.
Avec un vin aussi grandiose de 1926, bu en 2019, on se rend compte que les vins de notre époque ne peuvent en aucun cas vouloir rivaliser.
La technologie s’impose trop par rapport à la nature de la récolte. Je ne dénigre pas les vins actuels.
On a simplement choisi une autre voie pour les rendre grand, et j’apprécie moins cette méthode.
CHATEAU D’YQUEM 1881 (*****)
Couleur or ambré. Au nez, tout est en délicatesse et en dentelle. La noblesse est exceptionnelle, ainsi que
la pureté. On y sent de la pâte de fruits (coing, abricot) avec des épices fines (safran). Le style est aussi
agréablement un peu aromatique. La bouche parfaite est un jus sans âge. On sent que le temps a façonnée
lentement ce vin pour qu’il parvienne à cette harmonie et à cette complexité. Il n’a pas vieilli, il a mûri.
La douceur, pas trop marquée, est juste équilibrée par l’acidité. On a plus l’impression d’une onctuosité
que d’une sucrosité. Grande buvabilité. La longueur est exceptionnelle.
Ce 1881 semble plutôt miser sur la délicatesse que sur la force ou la puissance.
J’ai trouvé en ce cru un Yquem différent de tous les autres.
CHATEAU D’YQUEM 1975 (*****)
Les arômes sont très marqués par le rôti du botritys. C’est très pur, droit et dense.
On sent aussi les fruits confits. L’équilibre de bouche est exceptionnel. La trame est serrée et la
tenue incroyable.
Il est grand maintenant, mais il est taillé dans une matière faite pour durer ainsi encore longtemps.
Je considère toujours 1975 et 1967 comme les deux plus grands millésimes de la deuxième moitié
du 20ème siècle.

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25 novembre 2019
Dégustation de tous les millésimes produits de AMOUR DE DEUTZ

CHAMPAGNE AMOUR DE DEUTZ 2009 (****)
Couleur or clair. Grande délicatesse au nez. Le fruité est net et propre. Jolie et fine minéralité. En bouche,
la bulle est bien présente. La corpulence est plus grande que ce que l’on aurait imaginé au nez. La finale
est un peu lourde. Y aurait-il eu exagération dans le dosage? L’ensemble est de toute façon excellent.
CHAMPAGNE AMOUR DE DEUTZ 2008 (*****)
Couleur or clair. Quelle élégance au nez! On semble sentir encore les levures fraîches. On y retrouve l’aspect
beurre fondu ou la paille. Magnifique minéralité. C’est séduisant. La bouche est parfaite. On sent une base
extrêmement pure. C’est un jus fruité et dynamique avec une minéralité noble. L’acidité est idéale.
Très long. Tout grand millésime.
CHAMPAGNE AMOUR DE DEUTZ 2007 (***)
Couleur or. Le nez indique un caractère fort. Il est un peu fermé au départ avec des notes tertiaires
étonnantes. L’ouverture l’arrange quelque peu. L’attaque est ronde, voire douce. Il semble trop corpulent.
CHAMPAGNE AMOUR DE DEUTZ 2006 (****)
Couleur or clair. Nez dans l’élégance avec du beurre fondu et un beau minéral. C’est pur et frais.
La bouche est équilibrée mais semble un peu oxydée. L’ensemble est plus rustique qu’au nez,
mais on est sur un beau niveau quand même.
CHAMPAGNE AMOUR DE DEUTZ 2005 (*****)
Couleur or clair. Nez racé, pur et dynamique avec de la personnalité. La bouche est onctueuse mais
ne manque pas de fraîcheur. Aucune lourdeur. La base semble solide. Superbe minéralité.
CHAMPAGNE AMOUR DE DEUTZ 2003 (*****)
Couleur or. Très beau type Chardonnay. C’est une pure délicatesse qui semble bien jeune, surtout quand
on considère les caractéristiques du millésime. La bouche est de grande harmonie. La bulle est parfaite.
La chair est délicate et cristalline avec une superbe minéralité. La séduisante finale part sur la brioche.
CHAMPAGNE AMOUR DE DEUTZ 2002 (*****)
Couleur or. Au nez, c’est très dimensionné avec de la personnalité. L’âge lui a procuré un beau
développement. Notes de pierre à fusil et de noisette. La bouche est parfaite au niveau de l’équilibre
et de la bulle. La fraîcheur est incroyable. Sec et droit sur toute la ligne.
Long avec une finale vive marquée par les agrumes.
CHAMPAGNE AMOUR DE DEUTZ 2000 (***)
Couleur or clair. Arômes particuliers un peu fumés et rustiques. Touche oxydative avec un côté boisé.
Vin un peu lourd qui semble avoir perdu prématurément sa bulle.
CHAMPAGNE AMOUR DE DEUTZ 1999 (****)
Couleur or. Nez pur et droit marqué par les fruits exotiques et une belle minéralité. Grande personnalité.
Le vin est dense. Il a du gras mais reste dynamique. Longueur et structure.
CHAMPAGNE AMOUR DE DEUTZ 1997 (*****)
Couleur or clair. Nez pâtissier avec du caractère et de l’ampleur. En bouche, c’est du vin, riche et dense.
La gras bien présent n’est pas lourd. Grande base. Très long.
CHAMPAGNE AMOUR DE DEUTZ 1993 (*****)
Couleur or. Arômes droits, purs et élégants avec une minéralité discrète mais noble. On sent une
grande présence. La bouche est parfaite à tous points de vue. Le vin est vif et dense avec un
fruité jeune et dynamique. Champagne d’anthologie. On est tenté de penser qu’il s’agit du plus
grand millésime produit d’Amour de Deutz.

(1998 et 1995 n’ont pas été commentés car les bouteilles étaient déficientes)

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24 novembre 2019
AMIGNE VIEUX PLANTS, CAVES ORSAT SA 1961 (*****)
Couleur or magnifique. Arômes élégants et purs. Le fruité part sur les agrumes. Note de noisette ou d’amande.
Le vin est très bien structuré avec une texture ferme. Il a gardé une grande jeunesse et les notes tertiaires sont
encore discrètes. Très long. Belle personnalité.

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20 novembre 2019
VERNACCIA DI ORISTANO, CANTINA SOCIALE 1960 (****)
Vin hors du temps et très spécial. Les arômes sont rustiques et marqués par l’acidité volatile au départ.
Le temps améliore le fait. Puis on se rapproche d’un Madeira. La bouche est vive et concentrée.
Le caractère spécial, qui exige un palais curieux, nous amadoue peu à peu.
CHATEAU D’YQUEM 1983 (*****)
Bouteille parfaite. Le fameux « rôti » du botrytis ressort bien. C’est élégant mais dense. Le vin est riche
et équilibré. La douceur est bien soutenue par l’acidité. L’ensemble est monumental et semble se
donner au maximum à l’heure actuelle.
PORTWINE, MASSANDRA 1974 (****)
Vin qui a besoin d’air pour développer toutes ses réelles qualités. Il fait vraiment penser à un Porto,
mais, pour cette bouteille en tous les cas, légèrement moins doux. Il est très dense et droit.
La douceur est juste celle qu’il faut pour équilibrer la densité des autres composantes.
PEDRO XIMENEZ, GONZALEZ BYASS (années 1930-1940) (*****)
Je suis depuis longtemps un peu réticent devant les Pedro Ximenez car j’y trouve toujours une douceur
et une concentration si élevées que la buvabilité s’en ressent négativement. Avec cette bouteille qui date
des années 1930-1940, j’ose confirmer que ce genre de cru a besoin de nettement plus de 50 ans pour
donner le plaisir que l’on est en droit d’attendre. La couleur est quasi noire. Le jus coule comme de l’huile
dans le verre et laisse des traces qu’un seul passage à l’eau n’arrive pas à éliminer. Les arômes sont d’une
complexité extrême: caramel, noix, figue, cire de parquet, crème brûlée… On sent une force indestructible.
Le vin est encore plus dense que l’olfaction, et c’est peu dire. Le jus épais imprègne le palais pour une
éternité. L’énorme douceur est compensée par la concentration du fruit et de l’acidité. S’y rajoute une
bienheureuse note d’herbes macérées dont la fine amertume est un soutien idéal.