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Mise à jour du 10 août 2020 à 23h00

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8 août 2020
RANCIO D’ESPAGNE 1817 (***)
Couleur or un peu ambré. Il était très agréable, avec une petite douceur.
Je pense à une récolte sur maturée. Beaucoup de fruit et belle acidité.
Le style se rapproche du Jerez dont il semble avoir l’alcool élevé. Assez fin,
mais il manquait peut-être de complexité et de classe.
Très beau moment d’émotion de toute façon.

XERES (début du 19ème siècle) (****)
Couleur or dense, très limpide. Arômes complexes et nobles qui rappellent
le Jerez Oloroso. Beau caractère avec un aspect positif de rancio. Note de
noyau d’abricots et de vieille chambre aristocratique. La bouche est équilibrée
et bien soutenue par l’alcool. Superbe sujet qui n’a rien perdu de sa classe après 200 ans.

MADEIRA BUAL, RUTHEFORD & MILES 1894 (*****)
Couleur or avec une touche ambrée. Les arômes sont immédiatement saisissants.
On est sur l’exemple idéal de ce que doit être un grand Madeira avec ses notes de
rancio très pur. La force qu’il dégage est impressionnante. On part sur les épices
orientales, le bois exotique, les confits de fruits à noyau, la cire de parquet, le coulis
de cassis (qui disparaît à l’aération)… La bouche est d’une très grande densité et d’une
harmonie parfaite. La force qu’il dégage va de pair avec sa subtilité et sa complexité.
Au nez comme en bouche, il ne fait que changer à chaque instant, chaque fois pour
apporter de nouvelles agréables sensations. Très grand sujet qui gardera ses qualités
pour de nombreuses décennies.

CABERNET, CANCILLER ARGENTINE 1973 (*****)
Couleur encore bien jeune et dense. Le nez indique un sujet de grande personnalité
avec de la force et de la classe. On est dans les fruits noirs bien mûrs et concentrés,
sans aucun aspect végétal. La bouche est vraiment pure et droite. Rien de lourd
malgré la densité. Grande longueur.
A l’aveugle, on voyage un moment avant de trouver l’origine argentine.

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7 août 2020
RICHEBOURG, DOMAINE DE LA ROMANEE-CONTI 2006 (*****)
Magnifique couleur rouge pas trop foncé. Les arômes sont nobles et complexes.
On devine un fruit très mûr, mais en même temps il paraît très frais et jeune. C’est
un peu déroutant. S’y retrouvent aussi des notes d’épices fines et un aspect floral
tirant sur la rose fanée. La bouche est somptueuse. Le fruit est à croquer. Il est bien
gras mais très ferme et rehaussé par une acidité parfaite. C’est une vraie vague de
plaisir qui roule dans le palais. Grande longueur. Un vin de haut vol, resplendissant
maintenant, mais assuré d’un grand avenir.

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1 août 2020
RECIOTO AMARONE DELLA VALPOLICELLA, SANTA SOFIA 1976 (****)
Couleur rouge un peu bruni mais dense. Au départ, les arômes sont vraiment rustiques.
L’aération lui rend complexité et caractère. On est sur des fruits noirs accompagnés par
des champignons, du cuir (ménagerie) et du tabac. Tout est en puissance et en force,
mais ce n’est pas pesant. La personnalité n’est pas facile d’approche, mais c’est une
nature qui vous interpelle et qui vous fait passer un moment remarquable.

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25 juillet 2020
CHATEAU MUSAR BLANC 2004 (*****)
On a souvent des surprises avec Musar. Et c’est ce que j’aime, car c’est toujours une découverte inédite. La couleur est d’un bel or. Les arômes sont très nobles et délicats. On y ressent une minéralité d’une grande finesse. Mais le caractère est aussi bien présent. La bouche suit l’olfaction. Tout est harmonieux. Le jus est fluide, donc d’une grande buvabilité, mais il ne manque pas de substance. La longueur de bouche indique le niveau élévé de ce cru.
HERMITAGE LA CHAPELLE, JABOULET 1991 (*****)
Au départ, c’est un peu confus et rustique. Mais, et c’est connu, l’aération est indispensable pour ce grand vin. Il s’ouvre tranquillement et présente un caractère noble et fort. Le fruit très dense est accompagné par des notes de tabac et de cuir. C’est une personnalité de haut vol. La présence de bouche est impressionnante. 1991 est un millésime de très haut niveau pour La Chapelle

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18 juillet 2020
CHATEAU HAUT-BRION 1982 (*****)
A l’aveugle, on fut impressionné par la jeunesse et la droiture de ce vin. Il est parfait
au niveau de l’harmonie. La structure est remarquable, mais il n’y a rien de lourd.
Avec le temps, on dirait qu’il se débarrasse des signes solaires du millésime.
Il semble du reste encore pouvoir s’améliorer. Très grand sujet.
SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1988 (*****)
Giacomo Tachis le préférait au mythique 1985. Et cette bouteille était parfaite.
Quel bonheur nous eûmes! Tout est là, de la structure à l’harmonie.
Très long. Exceptionnel.
VEGA SICILIA UNICO 1979 (*****)
Quand un Unico voisine les 50 ans, il est vraiment sensationnel. Il est devenu sage,
mais il reste vaillant et frais. Tout est dans l’harmonie.
CLOS DE TART 1995 (****)
Vin concentré au fruit pur et net. Les tannins sont encore athlétiques.
On voudrait un peu plus de classe et de chair.

18 juillet 2020
CHATEAU D’YQUEM 1975 (
*****)
Une des valeurs les plus sûres chez Yquem depuis le 1967, et ce jusqu’aux millésimes
récents qui me semblent souvent être trop encensés. Il évolue à pas lents, sur une ligne
qui ne dévie jamais de la perfection. Il peut lorgner sur le 22ème siècle sans aucune peur.
MADEIRA MALVOISIE RESERVE, BELEM 1934 (****)
Madeira au style exubérant, dans l’ampleur et la rondeur. Ce serait un exemple, s’il ne
s’y rajoutait un petit côté caramélisé. C’est comme si on avait voulu forcer le trait.
Mais le niveau est tout de même élevé.
MAGNUM CHAMPAGNE DOM PERIGNON 1993 (*****)
Millésime plus « léger » que le 1990, il est parfait maintenant. La bulle s’est calmée: elle
est devenue idéale. La ligne est resplendissante du début à la fin. Rien de lourd, tout
est dans la délicatesse. Grande fraîcheur.
CHEVALIER-MONTRACHET, BOUCHARD PERE & FILS 1998 (****)
Le type du grand Bourgogne est là. Tout est bien fait et agréable. Il lui faudrait un peu
plus de dimension et de dynamisme.
MONTRACHET, OLIVIER LEFLAIVE 1998 (****)
Vin très racé et structuré. Il est encore frais et jeune. Mais sa minéralité manque un peu
de noblesse. L’ensemble devrait aussi être plus majestueux pour un terroir aussi mythique.
MUSIGNY VIEILLES VIGNES, REMOISSENET 1971 (****)
Couleur encore jeune et dense. Les arômes sont nets et propres. On y ressent un fruit
pur et jeune. Le vin a une trame serrée et semble encore juvénile. Pour un Musigny, on
voudrait plus de classe et de dimension.

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5 juillet 2020
MAGNUM TIGNANELLO 1983 (*****)
A l’aveugle, les convives ont tous deviné un toscan de grande envergure, mais ils n’ont pas
nommé le Tignanello, ni le millésime. Le vin est corpulent mais équilibré. Sa chair est veloutée
mais pas flasque. Il est tout de charme et de sensualité.
On peut penser qu’il a atteint son sommet. Mais il y restera encore longtemps, j’espère.
BAROLO MONPRIVATO, GIUSEPPE MASCARELLO 2010 (*****)
C’est une sorte de bombe fruitée. Les arômes sont nobles et fins. Ils n’indiquent aucun
vieillissement encore, mais pourtant tout est déjà si bon et équilibré. La densité est
au-dessus du lot. Un grand classique suivi parfaitement. Il tiendra très longtemps
en développant d’autres aspects avec le temps.

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1 juillet 2020
CHATEAU DUCRU-BEAUCAILLOU 1964 (*****)
Il est dégusté 3 soirs après les 1982 et 1961 du même cru. Il est très net et droit.
Sa concentration est bien là, mais elle n’atteint pas celle du 1961, ni celle du 1982.
Mais il est pourvu d’une forte personnalité à laquelle on s’attache immédiatement.
Il a juste le glycérol qu’il faut pour enrober ses tannins athlétiques et son acidité élevée.
C’est aussi un grand millésime, sans conteste.

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29 juin 2020
CHAMPAGNE BELLE EPOQUE, PERRIER-JOUËT 2006 (*****)
Une beauté resplendissante qui ne manque pas de caractère et de force. A l’aveugle,
quelqu’un a osé prononcer « Krug ». Ce Champagne est en effet volumineux et structuré,
mais sans aucune lourdeur. La bulle a maintenant perdu de son impétuosité: elle est
parfaite. Le fruit est bien mûr, mais il est resté frais et vif. Le gras n’est là que pour
enrober les autres composantes. Il tiendra encore longtemps.
CHATEAU DUCRU-BEAUCAILLOU 1982 (*****)
Un des plus grands millésimes chez Ducru-Beaucaillou. Il n’a quasi rien à envier aux
plus grands. Sa structure est impressionnante. Il est dense en tout, du fruit aux tannins.
Rien ne fait penser à la chaleur qui a sévi cette année-là. Il est d’un très haut niveau
et semble avoir encore de la réserve.
CHATEAU DUCRU-BEAUCAILLOU 1961 (*****)
Il avait fort affaire à côté du 1982 présenté juste avant. Mais c’est du 1961, voilà tout!
Il est plus dense et concentré, mais moins corpulent que le 1982. Cette sensation
qu’il dégage d’intemporalité est prenante. Je le vois comme un des plus grands millésimes
de tous les temps pour ce cru. (cette bouteille fut « double-décantée » plusieurs heures
avant sa consommation, et elle était bien au-dessus de la dernière dégustée en 2009)
CHATEAU AUSONE 1979 (*****)
Je ne connais par les millésimes récents. Mais les Ausone du 20ème siècle demandent
beaucoup de temps pour se transmuer en merveilles d’équilibre et de finesse. La subtilité
avant tout. Il faut aussi du temps au dégustateur pour entrer dans ce monde sibyllin.
CHATEAU SUDUIRAUT CREME DE TETE 1989 (*****)
Grandiose sujet. Les arômes sont d’une pureté exceptionnelle, sur les confits de fruit
et les épices orientales. On devine une récolte très botrytisée, d’une grande concentration.
Mais c’est aussi frais et vivant. Le miracle consiste dans le fait que rien n’est collant ou
lourd alors que la densité est extrême. On sent manifestement que l’on n’est pas dans
le style habituel des Sauternes. C’est beaucoup plus corpulent. La sucrosité élevée n’est
aucunement gênante car l’équilibre est sans défaut. Il se gardera de nombreuses décennies.

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24 juin 2020
MAGNUM BAROLO CASCINA FRANCIA, GIACOMO CONTERNO 2005 (*****)
Vin encore bien jeune mais qui dégage déjà une fort belle personnalité. Tout est bien à sa place.
Le fruit est parfait et les tannins somptueux. La fraîcheur de l’acidité vivifie l’ensemble.
Mais on sait que les décennies ne lui font aucune peur.
CHATEAU LAFLEUR 2004 (*****)
A l’aveugle, c’était évidemment un grand cru sur un grand millésime.
Surprise de taille que de voir une si belle réussite sur un 2004. Tout est dans la dentelle
même si la structure ne manque pas. L’harmonie est exceptionnelle.
Le vin est tout de velours et de fruit. Mais quel plaisir!
CHATEAU D’YQUEM 1982 (*****)
Yquem 1982 est devenu un grand sujet. Il est tout en harmonie et en fruit. On y retrouve
des écorces d’orange ou de mandarine qui lui octroient un soutien amer très positif.
Son acidité élevée le rend vivant. Il entre dans la catégorie des Yquem équilibrés et fins.

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5 juin 2020
FENDANT GRAND BAILLIF, CAVES ORSAT SA 1961 (****)
Couleur or dense avec une touche ambrée. Arômes de fruits un peu confits avec du miel.
S’y rajoutent des notes de tabac. Quelque chose rappelle aussi la vieille cave humide
avec un sol en terre battue. Mais cela reste pur et élégant. Vin riche et gras rehaussé
par une belle acidité. Remarquable structure.
FENDANT GRAND BAILLIF, CAVES ORSAT SA 1959 (****)
Couleur or dense avec une touche ambrée. Nez racé avec un caractère un peu fumé.
Vin concentré et riche avec du gras. Une très belle minéralité rajoute à ce remarquable
vin de la classe et de la personnalité. Très long.
FENDANT GRAND BAILLIF, CAVES ORSAT SA 1953 (*****)
Couleur or dense. Nez pur, fin et noble avec beaucoup d’ampleur et de densité. Malgré
ses 67 ans, ce sont encore les fruits qui dominent (fruits exotiques et écorces d’orange).
Vin corpulent et ample, pourvu d’une forte structure. Le gras onctueux est soutenu par
l’acidité. L’harmonie est parfaite du début à la fin. La personnalité et la dimension de ce
vin ne font pas penser à du Chasselas. C’est tout simplement un grand sujet. Sujet qui
démontre qu’à cette période, on produisait encore pour quelques années de grands vins
grâce à trois facteurs au moins: les pieds étaient d’anciennes sélections non « re-travaillées »
– les vignes avaient des rendements naturellement faibles sur certains (grands) millésimes
– les vignes n’étaient pas encore gavées par des engrais.

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