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Mise à jour du 20 février 2020 à 9h00

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20 février 2020
ARVINE, DOMAINE DU GRAND BRULE 1974 (****)
Splendide couleur dorée. Les arômes sont surtout racés et forts. On y ressent l’Arvine par ses fruits
exotiques et sa minéralité. Au sujet de son évolution, il faut plutôt parler d’aspects tertiaires (fruits secs,
épices fines) que de vieillissement. En bouche, le vin est droit et sec avec une trame serrée.
Une touche minérale un peu strict se ressent aussi. Grande longueur et beau soutien acide.

AMIGNE, DOMAINE DU GRAND BRULE 1990 (****)
Les arômes ne retransmettent pratiquement aucun vieillissement. On est encore en plein dans les fruits
exotiques comme la mangue ou la papaye. Grandes finesse et pureté. L’attaque de bouche est pourvue
d’une petite douceur. L’évolution et la finale restent très rondes avec une certaine sensualité. Une jeunesse
aussi incroyable après 30 ans est peut-être due à la sucrosité, mais celle-ci a certainement aussi contribué
au fait qu’il y a un petit manque de complexité et de noblesse.

ERMITAGE, DOMAINE DU GRAND BRULE 1991 (*****)
Au nez, c’est l’explosion de ce que l’on désire dans la Marsanne: l’eau-de-vie de framboise et de fraise des
bois. Grande pureté avec la personnalité hors norme qui caractérise ce cépage lorsqu’il est élevé en Valais.
Il semble que deux opposés s’y marient avec bonheur: le baroque et l’élégance. La bouche est volumineuse
avec des fruits exotiques. On y retrouve aussi l’eau-de-vie décelée à l’olfaction. Un caractère unique sur un
millésime qui a réussi parfaitement à ce cépage. Exceptionnel à tous les niveaux.

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12 février 2020
CHATEAU L’ANGELUS 1982 (*****)
Grand vin de forte personnalité. Aucun vieillissement, tout est encore fruité et frais, ce qui peut paraître
étonnant vu le millésime. La forte structure ne ressemble en rien à celle que l’on trouve à l’heure actuelle
car il n’y rien de pesant. L’acidité est aussi un sujet d’étonnement. Tout est bien là, où il faut, à sa place.
Il restera certainement encore longtemps à ce niveau.
CHATEAU LA FLEUR DE GAY 1990 (*****)
Cru de haut niveau qui est des plus agréables à l’heure actuelle. C’est très élégant et séduisant.
On sent le fruit mûr de récolte, sans aucun défaut. La bouche est toute de rondeurs agréables sans
manquer de vigueur. Le gras enveloppe parfaitement l’acidité et les tannins.
GEVREY-CHAMBERTIN VIEILLES VIGNES, DOMINIQUE LAURENT 1995 (*****)
Belle couleur rouge pas trop dense mais très limpide. Les arômes sont typiques du cépage, tout en fruit,
en noblesse et en élégance. C’est encore très frais. La bouche est bien structurée avec un fruit rappelant
la cerise ou le kirsch. L’harmonie est là. L’aspect un peu strict de la finale est dû à des tannins prometteurs
et à une acidité élevée. Le sujet va encore grandir.

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2 février 2020

Une remarquable dégustation dont je ressors deux vedettes. Les vins ont été présentés à l’aveugle.
JOHANNISBERG SAINT-THEODULE, CAVES ORSAT SA 1975 (*****)
Splendide couleur or dense. Arômes purs et droits, sans âge. On part sur des fleurs de plein été avec
de la pâte de fruit (abricot) et de l’amande douce. Quelle élégance aussi! La bouche est harmonieuse
au possible. Tout est fondu pour donner un maximum de plaisir. La tenue est incroyable. Grande densité
de bouche, sans rien de pesant. Si le vin avait au départ un peu de sucre résiduel, il ne se ressent à
l’heure actuelle que comme un gras prononcé. Il ne déclinera pas avant longtemps.
CHATEAU HAUT-BRION 1982 (*****)
On sait que Haut-Brion n’est pas l’une des vedettes du millésime. Mais on a affaire à un terroir
exceptionnel et à un millésime qui l’est tout autant. Je constate maintenant que l’âge a magnifié
ces qualités de base exceptionnelles et que ce vin est parvenu à un niveau élevé qu’il n’atteignait
pas auparavant. Tout est là: noblesse, équilibre et plaisir.

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25 janvier 2020
CHAMPAGNE DOM PERIGNON, MOËT & CHANDON 1985 (*****)
Bouteille parfaite (ce n’est pas toujours le cas). La couleur est dorée.
Les arômes démontrent ce que l’évolution peut octroyer d’élégance et de noblesse.
Le fruit est mûr et ample, avec de la brioche. C’est impressionnant de netteté et de dimension.
Le vin est riche mais sans lourdeur. Grand volume de bouche du début à la fin.
La bulle est parfaite à l’heure actuelle. Très long et marquant au niveau du caractère.
CHAMPAGNE DOM PERIGNON, MOËT & CHANDON 1970 (*****)
Bouteille parfaite (ce n’est pas toujours le cas). Magnifique couleur dorée, très profonde.
Les arômes dégagent une personnalité hors norme. On semble en face d’une force indestructible.
Les nobles tertiaires ne dominent pas. Le fruit frais est accompagné par de grandioses notes
minérales développées par l’âge. En bouche, l’effervescence est peu marquée, mais la bulle se
présente en délicatesse, juste pour vivifier l’ensemble. Le jus est encore jeune et dynamique
grâce à son acidité élevée. La texture est ferme. C’est cristallin du début à la fin. La longueur est énorme.
MONTRACHET MARQUIS DE LAGUICHE, JOSEPH DROUHIN 2003 (*****)
La classe du terroir ressort immédiatement au nez. C’est majestueux. Le fruit, d’une grande pureté,
est bien mûr mais pas compoté. On y trouve des agrumes avec des notes de noisette et de beurre fondu.
La bouche est voluptueuse. Le gras enrobe toutes les composantes sans y rajouter de la mollesse.
C’est la séduction même.
Serait-ce un peu osé d’avouer que le rêve aurait été d’y trouver juste un peu plus de dynamisme?
BIENVENUES BATARD-MONTRACHET, DOMAINE LEFLAIVE 1993 (***)
Vin étonnant. Il faut entrevoir les qualités de son noble terroir au travers de quelques imprécisions.
Les arômes sont marqués par une minéralité un peu rustique. D’un côté, le fruit est resté très frais,
et d’un autre les tertiaires indiquent une certaine évolution. La bouche est conforme à l’olfaction.
Le vin est effectivement très bien structuré, mais l’équilibre fait un peu défaut.
CHATEAU LATOUR 1982 (*****)
On reste pantois devant une telle réussite.
Les arômes dégagent une sorte de perfection qui ne peut laisser indifférent.
C’est un aristocrate, et non pas un snob (voir la signification de ce terme).
On est sur des fruits noirs et rouges mûrs à souhait. La bouche est d’une pureté sans égal.
Tout est concentré, et pourtant rien n’est pesant. Le flot qui coule dans le palais n’est que pur plaisir.
Une bouteille parfaite qui démontre une naissance parfaite.
MASSETO, TENUTA DELL’ORNALLIA 2001 (*****)
Les dégustateurs qui lui accordent les plus hautes notes ont raison. Ce vin est tout simplement grandiose.
On sent une matière de haut niveau, en force, mais quand même harmonieuse. La bouche est onctueuse,
mais les tannins et l’acidité lui octroient le dynamisme nécessaire. Il est vrai que le nez souffre un
peu au niveau de la netteté, mais c’est pour faire le difficile.
HARLAN ESTATE 1998 (*****)
Voici un jeune homme, lourdaud et peu sûr au départ, qui a surmonté son handicap de l’adolescence.
Ses qualités de base se sont développées pour donner une sorte de colosse qui sait rester dans
les bonnes limites. Le vin est impressionnant de par la dimension de ses composantes.
Même si c’est riche et puissant, tout passe parfaitement car c’est vraiment plus qu’excellent du début à la fin.
PORTO VINTAGE, GRAHAM’S 1955 (*****)
J’ai très souvent été impressionné par ce millésime dans les Porto. Les arômes sont très amples et mûrs.
Ils rappellent le kirsch et le pruneau. C’est propre et net. De plus, la jeunesse qu’il présente est incroyable,
vu son âge. La force dégagée est aussi à souligner. La bouche est ferme et onctueuse en même temps.
Le fruit est extrêmement charnu, mais il est soutenu par la haute acidité. Un sujet seigneurial.
RIESLING SPÄTLESE, EGON MÜLLER 2003 (****)
C’est la pureté de fruit qu’il faut mettre en avant dans ce Riesling. Tout est parfait et bien équilibré.
La sucrosité est juste celle qu’il faut pour enrober la haute acidité. Tout coule de source.
C’est tellement droit et net qu’on se dit qu’un peu plus de personnalité le rendrait plus émouvant.

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12 janvier 2020
CHAMPAGNE CUVEE DES ENCHANTELEURS, HENRIOT 2000 (*****)
Magnifique couleur or dense. Arômes nobles que l’âge a rendus plus complexes et plus expressifs.
On est sur les fruits un peu sur mûrs, la noisette et le chaume. Le caractère est imposant.
La bouche est vraiment structurée, mais elle reste harmonieuse. On sent une base de grande qualité.
La bulle est parfaite.

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11 janvier 2020
Visite et repas chez Alexandre de Lur Saluces à Fargues
CHATEAU DE FARGUES 2015 (*****)
Il ne fait aucun doute qu’Alexandre de Lur Saluces met tout en oeuvre pour produire ce qui se
fait de mieux à Sauternes. Au nez, les confits de fruits côtoient le rôti du botrytis le plus parfait.
En bouche, l’harmonie est exceptionnelle. Le jus est doux sans excès. Tout est subtil et fin.
Les accords gastronomiques avec du poisson ou de la viande blanche éprouvés à cette occasion
démontrent qu’un Sauternes de haut rang peut trouver des partenaires adéquats durant tout un repas.
CHATEAU DE FARGUES 2007 (*****)
La couleur est un peu plus dorée que celle du 2015 mis en parallèle. L’âge a aussi plus développé les
arômes au niveau de la complexité. C’est un peu moins subtil ou délicat, mais le caractère est plus présent.
La bouche est remarquablement équilibrée et riche. L’accord gastronomique est tout aussi intéressant
qu’avec le 2015.
PORTO COLHEITA, NIEPOORT 1934 (*****)
(mis en bouteilles en 1971)
La couleur est encore bien dense. Les arômes sont forts avec beaucoup de caractère. L’âge est difficile
à évaluer car le fruité est encore très jeune. On est sur le kirsch accompagné par des notes d’épices.
La bouche est très dense et riche, mais l’équilibre est là. Le renfort d’alcool augmente toutes les sensations.
Il fut bien entendu judicieux d’accorder ce Porto avec les fromages.