A.P. BIRKS WENDOUREE CELLARS
Clare Valley, South Australia

Août 2016 & mars 2026
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La naissance du domaine
La Maison « A.P. BIRKS WENDOUREE CELLARS » a été fondée par Alfred-Percy Birks (1868 – 1948) en 1895.
Elle se trouve à 100 km au nord d’Adelaïde dans la Clare Valley. Wendouree vient d’un vocable aborigène
signifiant « place d’eau ».
Birks plante ses premiers pieds de vigne dans la région en 1892. La même année, avec son frère, il achète
du raisin auprès de producteurs voisins pour produire quelques litres de vins.
D’autres petites plantations interviennent dans les années suivantes.
En 1903, les Birks achètent une cave qui est trop petite pour élever l’ensemble de leurs vendanges.
Ils ne peuvent produire que 4’550 litres de vin. Ce vin, plus les autres raisins récoltés partent à la
Stanley Wine Company qui va assurer toute la commercialisation jusqu’en 1923.
La production s’élève pas à pas pour atteindre 18’000 litres dès les années 1910. Cela force les Birks
à construire une nouvelle cave en 1914 à côté de la première, avec de petites extensions en 1922 et 1924.

Un pied de Shiraz planté en 1893
Le Domaine sous Roly Birks
Pour des raisons de santé, Alfred-Percy Birks cède les rênes en 1917 à son troisième fils
Roland Napier Birks dit Roly. Celui-ci produira du vin jusqu’en 1974, soit 57 millésimes!
Dans les années 1920, il augmente la dimension des vignes et agrandit un peu la cave.
Il suit la tendance: à côté des vins rouges, il élève des vins fortifiés pour 50% de la totalité.

Alfred-Percy Birks est assis à gauche
Roly Birks est assis dans l’herbe
Ayant terminé la collaboration avec la Stanley Wine Company, dès 1925, il vend sa production en livrant par
camion des tonneaux dans les hôtels de la région. Après la Guerre Mondiale, il s’agrandit d’une entreprise
fournissant du vin de base à d’importantes compagnies qui suivent la nouvelle mode: les vins effervescents.
En 1950, il atteint une production de 60’000 litres. Dès lors, le marchand de Melbourne « Seabrook & Son »
commence à acheter des quantités importantes de vin rouge en tonneau. Il s’occupe de la mise en bouteilles
et de la commercialisation. La production de vins renforcés et de vin de base pour des effervescents
cesse progressivement.
Roly Birks décide de se retirer et vend le domaine en 1970. Il a 77 ans. Il s’aperçoit trop tard que l’acheteur
n’a ni les finances ni les capacités. Il essaie de faire face. Mais l’entreprise coule au point de ne produire
que 10 tonnes de raisins en 1974. Les divers biens sont mis en vente aux enchères par les créanciers.
Peu de gens s’y intéressent car les vignes sont considérées comme trop âgées!

Le broyeur de raisins utilisé dès 1895
Des Birks aux Brady
Le businessman Max Liberman achète en 1974 tous les bâtiments existants et toutes les plus vieilles vignes.
Il place comme gestionnaires sa fille Lita et son beau-fils Tony Brady.

Tony Brady
Aucun ne connaît quoi que ce soit au vin.
Lita va étudier l’oenologie à l’université, mais elle ne peut pas tout maîtriser sans expérience.
Roly Birks accepte alors d’aider l’entreprise en tant que consultant. Il dirige réellement les deux premiers
millésimes (1975 et 1976) et conseille pour les suivants.
Celui-ci se retirera définitivement en 1982, après avoir suivi en tout 65 millésimes! Il mourra en 1988.
Par la suite, c’est l’oenologue-conseil Stephen George, propriétaire de Ashton Hills, qui va apporter son
aide aux Brady durant à peu près 30 ans. Ce faisant, l’expérience acquise par Lita et Tony leur permet
assez rapidement d’imposer avec précision le style de vin voulu. Ils s’occupent maintenant seuls de l’entreprise.
Du millésime 1975 au 1980, le principal de la production a été vendu en bouteilles et une petite partie en
tonneaux.
Par après, tout fut mis en bouteilles. Du vin fortifié de style Porto a été produit de 1975 à 1986.

Le domaine actuel et les vins
Les vignes, très âgées, sont situées entre 400 et 530 mètres d’altitude.
Les premières plantations des Birks sont toujours en fonction:
– Cabernet-Sauvignon: 1892 (0,2 ha), 1920
– Shiraz: 1893 (1,2 ha), 1896 (0,5 ha), 1919 (1,6 ha), 1920 (0,8 ha)
– Malbec: 1898, 1920
– Mataro (Mourvèdre): 1920 (0,2 ha)
– Muscat d’Alexandrie: 1940
Ces vignes représentent plus de la moitié de la surface viticole actuelle.
La seule nouvelle plantation fut faite par les Brady en 1975 avec du Cabernet Sauvignon.
La production, moins de 30’000 bouteilles annuelles, est répartie sur un assortiment de six vins:
Shiraz Mataro (80% Shiraz, 20% Mataro) / Shiraz Malbec (60% Shiraz, 40% Malbec)
Cabernet Malbec (80% Cabernet, 20% Malbec) / Shiraz / Malbec / Cabernet Sauvignon
Muscat of Alexandria
De plus, un cru très spécial, le « Pressings » a été produit à seulement 5 reprises:
1977, 1985, 1997, 2005 et 2017.
C’est un vin issu de fractions de pressurages extrêmement longs (pressoir vertical datant de 1914 actionné
manuellement). Il ne peut être élaboré que lorsque la qualité des tanins permet une concentration énorme
sans tomber dans l’amertume. Le 2005 est composé de Malbec principalement et de Shiraz.

L’excellent sous-sol bénéficie d’un drainage naturel optimal. Les vignes ne sont pas irriguées.
Le climat est continental avec des étés très chauds et des hivers très froids.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’ensemble des bâtiments et du matériel de 1903 et 1914 est
encore utilisé aujourd’hui (dont le pressoir). Une visite sur les lieux démontre bien que tout est pratiquement
demeuré comme à l’époque.
Une seule nouveauté est apparue en 1987: du matériel pour permettre une meilleure extraction
des tanins.
Malgré ce respect de la tradition, on s’aperçoit que les Brady savent étonnamment utiliser le modernisme:
des cuves en inox (pour la malo-lactique), le contrôle des températures, une toute nouvelle installation de mise
en bouteilles (début des années 2010), et, depuis quelques années, la fermeture des bouteilles par une capsule
à vis (Guala Closures).
Le style Brady
Le style des Brady est une suite respectueuse de celui de Roly Birks, toujours avec une honnêteté sans faille.
Tous les travaux viticoles sont faits à la main, au contraire du reste de la production australienne.
Les rendements, parmi les plus faibles (25 hl/ha), sont assurés tout simplement par l’âge des vignes.
Les raisins sont récoltés plus précocement que d’habitude en Australie. Le but est d’arriver à garder plus de
fraîcheur de tanin et de fruit, d’obtenir un alcool faible pour la région (13,5%), et de produire un vrai vin de garde.
L’extraordinaire résultat contraste fortement avec les « poids lourds » habituels.

Tout est travaillé de la manière la plus naturelle possible, à la vigne comme à la cave.
La fermentation se fait en cuve ouverte avec pigeage à la main. La malo-lactique, se déroule dans des cuves
en inox, puis le vin est mis en fûts, dont 25% de neufs, pour 12 mois. Cela peut varier selon le millésime.
Les assemblages interviennent après la maturation en fûts. Le vin est « lâché » 6 mois après la mise en bouteilles.
Il y a les Brady et les autres
La philosophie des Brady est sans concession. Le domaine est l’antithèse-même du moderne axé sur le marché
violent de la concurrence et de l’industrie high-tech. Le temps compte peu et on est à des lieues des dégustations
« cliniques » des techniciens inféodés à la cotation sur 100 points. Ils élaborent leurs vins comme ils le veulent,
sans tenir compte des modes, des critiques spécialisés, ou des clients.
La folie qualitative va jusqu’à « éliminer » parfois 20% de la production sur le marché de vrac.
Ils découragent activement le fait que l’on parle d’eux et de leurs vins dans la presse.
A l’entrée du chemin qui mène à la cave, un panneau indique: « Wendouree, closed ».

Ils n’ont pas de site internet, de porte d’entrée à la Wendouree Cellar, d’office de vente, d’adresse mail officiel.
Ils refusent le plus possible les visites. On peut comprendre que ce vin soit un des plus difficiles à se procurer.
Mais vente, il y a quand même. La méthode a été inaugurée déjà en 1925 par Roly Birks: on ne peut acheter
que si l’on sur on se trouve sur une liste d’adresse.
Chez les Brady, il faut, soit téléphoner, soit écrire une lettre. Si vous avez de la chance, on vous met sur une
liste d’attente qui est une sorte de mail list sacrée. Quand les clients attitrés sont servis, s’il reste quelques bouteilles,
elles peuvent peut-être vous revenir. En gros, les acquéreurs ont droit à 6 bouteilles au maximum de chaque vin.
Les prix, en raison de la qualité et de la rareté, sont ridiculement faibles. Les Brady contrôlent de manière serrée
leurs clients. Si l’on insiste trop, ou que l’on profite maladroitement de la rareté ou de la notoriété du vin, on est
retiré de la fameuse liste.
Quelques bouteilles semblent quand même être vendues dans certains négoces d’Australie, mais toujours à
prix restreint. Grâce à cette mainmise sur la production, la spéculation est quasi inexistante. Il est évident que
ces bouteilles pourraient être les plus chères d’Australie, dépassant les fameux Grange, Hill of Grace ou The Laird.
Mais les Brady désirent que leurs bouteilles ne partent pas uniquement vers des acheteurs aisés.
Les vins de Wendouree sont devenus des icônes inaccessibles.
Leur style est unique en Australie (et peut-être ailleurs).
Chaque dégustateur qui en a bu se considère comme privilégié pour plusieurs raisons: leur qualité fantastique,
leur rareté, leur personnalité, l’histoire du domaine…




