VERTICALE

VECCHIO SALENTO BIANCO

Pop Bar / Sion
27 août 2025
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VECCHIO SOLIENTO BIANCO, RUFFINO 1973 (****)
Couleur ambre noir.
Arômes de café, de chocolat, d’écorce d’orange et d’herbes macérées.
Densité et élégance.
La bouche est capiteuse avec un gras visqueux.
La douceur est marquée au point que l’acidité a de la peine à compenser.
La finale est donc un peu collante.
Le style fait vraiment penser à un vin fortifié.
VECCHIO SALENTO BIANCO, RUFFINO 1968 (*****)
Les arômes sont moins puissants que sur le 1973.
Notes de réglisse ou de bois doux, de curry et d’herbes macérées faisant penser à du Vermouth.
Le vin est concentré et riche, mais semble moins marqué par l’alcool que le 1973.
Le gras et la sucrosité sont bien équilibrés.
L’amertume finale est parfaite pour donner de la fraîcheur.
Aucune lourdeur.
On devine un vin renforcé, mais c’est moins marqué que sur le 1973.


VECCHIO SALENTO BIANCO, RUFFINO 1967 (*****)
Au nez, c’est une dentelle très fine.
Tout semble encore juvénile.
On y ressent du moka et des herbes aromatiques macérées.
Le vin est onctueux et riche avec beaucoup de sucre et de glycérol.
L’acidité est un soutien très bénéfique.
Le renfort d’alcool est marqué, mais cela a pour effet d’augmenter positivement
les sensations olfactives et gustatives.
J’ai trouvé que ce mutage était aussi parfaitement maîtrisé que dans les grands Porto.
VECCHIO SALENTO BIANCO, RUFFINO 1966 (*****)
Arômes élégants avec du café, du chocolat, du caramel, du pruneau, de la réglisse
et de la gentiane en eau-de-vie.
Une note légèrement camphrée rehausse l’ensemble.
Le vin est riche mais sans aucune lourdeur.
L’acidité agit dès l’attaque pour y conférer de la fraîcheur et une grande buvabilité.
La finale est aussi marquée subtilement par des herbes aromatiques.
Très grande harmonie.
Grand sujet.


VECCHIO SALENTO BIANCO, RUFFINO 1961 (*****)
La couleur est un peu moins sombre que sur les autres millésimes.
Le premier nez fait penser plutôt à un vin liquoreux qu’à un vin renforcé.
J’y ressens de la pâte de fruits rouges dont la fraise, du raisin de corinthe,
du sucre candi et de la réglisse.
La bouche est d’une rondeur aguichante. C’est un jus sensuel somptueux.
L’acidité et la note camphrée le rendent vif et plein de vie.
VECCHIO SALENTO BIANCO, RUFFINO 1958 (****)
Arômes très amples sur le café ou le chocolat noir.
Notes florales.
Touche fumée, comme du charbon.
Vin riche avec beaucoup de glycérol.
L’équilibre est maintenu grâce à l’amertume de la réglisse et à l’acidité élevée que
l’on retrouve dans l’orange sanguine.
C’est un excellent sujet, mais il semble moins complexe que les autres millésimes.


VECCHIO SALENTO BIANCO, RUFFINO 1954 (*****)
Les arômes sont complexes avec beaucoup de caractère.
Notes de confiture de fraise, de bouillon, d’iode, de bois doux et de livèche.
J’y ressens un splendide rancio qui fait penser au Madeira.
Vin riche et concentré.
L’alcool élevé ne fait que renforcer les sensations.
La trame est serrée.
La ligne est nette et droite du début à la fin.
VECCHIO SALENTO BIANCO, RUFFINO 1952 (*****)
Nez racé et fort.
On est sur la livèche, le bois doux et les herbes macérées que l’on retrouve sur les Vermouth.
Vin corsé et riche, mais équilibré.
La trame est serrée.
L’alcool élevé agit positivement pour renforcer le sensations.
La très longue finale est pure, nette et dynamique.


VECCHIO SALENTO BIANCO, RUFFINO 1950 (****)
Arômes élégants et volumineux.
J’y ressens du café et du nougat.
Vin riche, puissant et corsé.
L’alcool est bien présent.
L’ensemble est impressionnant de matière mais c’est un peu massif.
VECCHIO SALENTO BIANCO, RUFFINO 1949 (*****)
Le nez est marquant de par sa force et son caractère bien trempé.
La complexe est là: réglisse, graphite, charbon, encre, écorces d’agrumes.
Le vin est très ample avec une douceur parfaitement intégrée.
La grande concentration n’aboutit sur aucune lourdeur.
L’alcool semble moins élevé que sur les autres millésimes.
L’harmonie est incroyable.
La finale est marquée par une amertume minérale iodée d’une grande fraîcheur.
Vin sans âge, de haute expression.


VECCHIO SALENTO BIANCO, RUFFINO 1945 (*****)
Magnifique couleur ambrée.
Arômes nobles d’une très grande élégance.
Notes de fruits confits, de caramel et de nougat avec un boisé vanillé.
J’y ai décelé une sorte de paradoxe qui ne porte à aucune conséquence négative:
alors que le fruit semble assez évolué, l’ensemble est d’une fraîcheur peu commune.
On est aussi en présence d’un sujet de haut vol avec beaucoup de classe.
VECCHIO SALENTO BIANCO, RUFFINO 1940 (*****)
La complexité aromatique est incroyable.
J’y retrouve du caramel au lait, du bouillon, du bois mouillé, des épices orientale
et une note iodée qui fait penser à la mer lorsqu’elle est démontée.
De plus, j’y ressens ce qui me fait penser à l’odeur de la savane grouillante de vie,
dont la banane.
Le vin est riche et ample jusqu’à être monumental, mais il n’y a aucune lourdeur.
La trame est très serrée.
La finale, d’une extrême longueur, est marquée par une note minérale iodée qui
procure une vie incroyable à l’ensemble.


VECCHIO SALENTO BIANCO, RUFFINO 1937 (****)
La couleur est plus claire que la moyenne.
Arômes de vieux bois mouillé, de bouillon et de Whisky tourbé.
C’est le seul avec le 1954 dont le rancio évoque le Madeira.
L’aspect un peu rustique du départ s’estompe avec l’ouverture.
La bouche est marquée par les racines et les amers d’écorces d’agrumes (orange).
La finale est même saline.
Sa haute acidité le rend très fluide.
L’alcool est peut-être un peu trop présent.

CONCLUSIONS
– Le niveau moyen des vins présentés était très élevé et homogène.
– Le renforcement à l’alcool semblait évident sur pratiquement tous les millésimes.
Il y avait simplement des sensations plus ou moins marquées dans la densité de ce renfort.
– La couleur est presque toujours d’un brun quasi noir.
Autrement, elle est un peu moins dense et présente un aspect bruni.
– Ce vin est annoncé parfois comme ayant une parenté de style avec le Porto.
Dans l’ensemble, cela se confirme de par la richesse, l’onctuosité et la douceur.
De plus, la technique de renforcement est autant maîtrisée que celle des meilleurs Porto.
Ce qui l’en diffère le plus, ce sont les amers qui font penser aux herbes macérées
donnant un lien de parenté avec les Vermouth.
– Cette dégustation fut une expérience certainement unique et absolument révélatrice.
A savoir que 4 vins étaient embouteillés avec des bouchons traditionnels en liège:
le plus jeune et les trois plus anciens.
Tous les autres étaient embouteillés avec des vis.
J’en ai ressorti les indications suivantes:
a) les bouteilles à vis présentent des vins qui restent très nets, sans aucune altération.
Ils sont marqués par un dynamisme et une fraîcheur plus remarquables que sur les autres.
Le fruité reste frais et pur. Rien ne peut leur être reproché.
b) les bouteilles à liège, si les bouchons sont parfaits, offrent des vins peut-être plus nobles et plus vibrants,
comme plus accomplis. Le fruité, au contraire des autres, semble plus marqué par l’âge.
Mais restent toujours les problèmes dus au fait que le liège est une matière vivante, donc peu stable.
c) suite à cette expérience, j’ai osé faire la comparaison suivante: les Vecchio Salento bouchés à vis
présentent la vigueur et la force des Porto Vintage, alors que les Vecchio Salento bouchés en liège
présentent la noblesse, la plénitude et l’élégance des meilleurs Porto Tawny âgés.
– Mon préféré de cette série fut sans conteste le 1940, suivi par le 1949
– J’ai trouvé tous les autres d’un niveau suffisamment élevé pour les mettre dans la catégorie des très grands vins.
– les 1973 et 1937 m’ont paru un peu en-dessous.
– il faut noter qu’à partir du début des années 1970, la loi a interdit à un vin de porter le nom de sa région.
C’est pourquoi « Salento » est devenu « Soliento ».




