LE MILLESIME 1955
ET L’INVITE DE 1855
Bacchanales: Filippo Lauri 1645
Restaurant Soleil de Dugny / Dugny
7 septembre 2025
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CHAMPAGNE BRUT IMPERIAL, MOËT & CHANDON 1955 (***)
Nez pur et délicat avec de la terre fine, comme du limon.
Le caractère de l’époque est bien présent, mais c’est toujours bien vivant.
Notes de miel, d’épices, de curry, et de noisette.
Le vin est de densité moyenne, mais très harmonieux.
La bulle est très peu marquée, mais elle fait son effet.
La finale est vive grâce à sa belle acidité.
Ce style ancien ne peut pas être apprécié de tous.
POMMARD PREMIER CRU, LAMBERT ROUX 1955 (****)
Au nez, ressort l’élégance du Pinot Noir avec ses fruits rouges sur la fraise.
Le fruit semble parfait de récolte.
L’âge ne l’a pas du tout atteint.
Le vin est ample et rond à l’attaque, plus marqué par l’harmonie que par la puissance.
L’acidité habituelle du Pinot Noir rehausse la finale.
Un sujet des plus plaisants.


CHATEAU RAUZAN GASSIES 1955 (***)
Nez élégant et charmeur.
On y ressent du végétal mûr comme du foin séché et du bois doux.
La bouche est équilibrée à l’attaque car il y a du gras.
Mais, dès l’évolution, et ensuite en finale, le vin semble s’affaisser par manque de base.
Le nez est manifestement plus intéressant que la bouche.
Très agréable cependant.
CHATEAU FIGEAC 1955 (*****)
Arômes de grand classique, tout en dentelle, sans manquer de caractère.
On est sur les fruits noirs, l’humus et le bois exotique.
Il est resplendissant à l’heure actuelle.
Le vin est riche et rond à l’attaque.
La chair veloutée enrobe des tannins soyeux.
L’acidité est celle qu’il faut pour rehausser la finale.


CHATEAU AUSONE 1955 (*****)
Au nez, tout est dans la classe, la noblesse, l’élégance et la subtilité.
On est sur des petits fruits rouges très purs et mûris parfaitement.
Notes de cuir et de bois exotique.
La bouche est somptueuse.
Le gras est là mais la trame est serrée judicieusement par les tannins et l’acidité.
La longueur est extrême.
L’ensemble retransmet une impression de perfection.
A n’en pas douter, mon meilleur Ausone 1955.
CHATEAU MOUTON-ROTHSCHILD 1955 (****)
Au départ, le nez présente l’élégance et la race des grands classiques de cette époque.
On est aussi sur des fruits rouges sur mûrs et même un peu évolués.
A l’ouverture, j’y ressens malheureusement un boisé un peu rustique.
Le vin est riche et plaisant de par sa rondeur.
Les tannins un peu stricts instaurent une certaine rudesse en finale.


CHATEAU LAFITE-ROTHSCHILD 1955 (*****)
Nez élégant et racé qui affiche sans retenue la classe de son terroir.
Notes de fougère et de tabac, tout en dentelle.
La bouche est harmonieuse et délicate, mais avec beaucoup de densité.
La ligne est parfaite du début à la fin.
La buvabilité est extrême: chaque gorgée est un cadeau.
C’est un Lafite raffiné au possible qui est au sommet à l’heure actuelle.
PETRUS 1955
Nez d’une jeunesse étonnante, tout dans les fruits rouges mûrs à souhait.
C’est aussi très volumineux, et presque baroque.
A l’attaque, le vin est riche et quasi doux.
La chair est d’une rondeur sensuelle.
Les tannins sont encore juvéniles au point de n’être pas encore fondus dans l’ensemble.
Du reste, la finale est marquée par une certaine fermeté.


ROMANEE-CONTI 1955 (****)
Arômes racés et complexes, d’une noblesse discrète et un peu surannée.
On est sur des fruits rouges sur mûrs, quasi confiturés.
S’y trouvent aussi des notes de rose fanée et de café.
Le vin est pourvu d’une chair voluptueuse.
Tout est parfaitement fondu.
La finale est le terrain de jeu entre l’acidité du cépage et la rondeur du fruit.
L’ensemble joue plus sur la séduction que sur la structure et le caractère
Certains l’ont trouvé trop marqué par le vieillissement.
VIN SANTO BROLIO, BARONE RICASOLI 1955 (****)
Nez de pâte de fruits et de caramel mou.
J’y ai aussi ressenti du bouillon et de la livèche.
Le style oxydatif dû au long élevage est discret et positif.
Vin marqué par une douceur très bien intégrée.
L’acidité et l’amertume d’écorces de fruits exotiques rehaussent magnifiquement l’ensemble.


CHATEAU D’YQUEM 1955 (*****)
Magnifique couleur or foncé.
Arômes très denses et extrêmement complexes: fruits secs, pâte d’abricot, cire d’abeille,
écorces d’orange et Rhum.
Le vin est pourvu d’une douceur qui s’accorde parfaitement avec l’acidité et les amers orangés.
La fraîcheur de l’ensemble est extraordinaire.
Je pense que c’est l’amertume qui se confond avec une fantastique minéralité qui en est
l’heureuse cause.
La finale garde la même densité que le milieu de bouche, c’est impressionnant.
CHATEAU D’YQUEM 1855 (*****)
Magnifique couleur ambrée.
Au nez, c’est une dentelle fine et subtile, d’une pureté incroyable.
Notes de caramel, de crème brûlée et de crème fouettée.
On est hors du temps.
En bouche, la douceur accompagne au mieux la pâte de fruits, les agrumes et la
minéralité noble.
L’acidité très élevée des Yquem de cette époque y rajoute
beaucoup de vie et de fraîcheur.
Tout s’assemble comme les notes d’une symphonie.
Vin absolument marquant.
Ce 1855 est un très grand millésime d’Yquem, moins riche et concentré
que les 1861 et 1869, mais un peu plus fin et pur.


Romain-Bertrand de Lur_Saluces
1810 – 1867
C’est lui qui est à la tête du Château d’Yquem lorsqu’il est classé en 1855




