VERTICALE
VIN SANTO


Restaurant Nobilis / Sion
13 septembre 2024
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VIN SANTO, ANTINORI 1982 (*****)
Couleur or ambré.
Arômes très élégants et purs, sur les fruits confits (abricot, poire).
S’y rajoutent des notes de caramel et une touche de champignons de Paris.
Vin doux avec de la substance et de l’onctuosité.
L’acidité élevée procure beaucoup d’équilibre.
Petite amertume saline en finale.
De la longueur et beaucoup de fraîcheur.
VIN SANTO, ANTINORI 1981 (*****)
Couleur or ambré.
Arômes complexes, un peu moins fins que sur le 1982.
On est sur des fruits confits avec des tertiaires bien présents (champignons).
Notes d’herbes macérées et de rancio.
Vin moyennement doux avec une acidité élevée qui ravive fortement l’ensemble.
On y retrouve aussi une minéralité iodée intéressante.
Petite touche de térébenthine non gênante qui rappelle le Madeira.
Le boisé un peu rustique n’est pas négatif: il y rajoute un certain style.


VIN SANTO, ANTINORI 1977 (*****)
Couleur ambrée.
Arômes très complexes qui rappellent fortement les Tokaji.
On est sur du caramel, du sucre candi, des herbes fines et du Cognac.
C’est noble et dense.
Vin très doux, riche et onctueux, avec une grande matière.
Toutes les composantes s’harmonisent parfaitement pour procurer le grand plaisir.
On y ressent une certaine richesse d’alcool, mais rien n’est lourd.
La finale présente une belle salinité.

VIN SANTO, ANTINORI 1973 (*****)
Couleur ambre brun.
Nez très pur, intense et complexe.
On y trouve de l’umami et des écorces d’orange.
Le côté rancio est parfait; il s’y rajoute de la térébenthine comme sur les
grands Madeira.
Vin de grande personnalité.
Il est vif et frais sur toute la longueur de bouche.
La finale est marquée par des herbes aromatiques qui font penser à du Vermouth,
et une minéralité qui rappelle les Riesling allemands.
Longueur interminable.


VIN SANTO BIANCO, ANTINORI 1968 (*****)
Couleur ambre noir.
Arômes complexes, nobles et fins.
Notes de fruits confits, de caramel, d’herbes macérées et d’écorces d’agrumes.
Vin de haute dimension, riche mais équilibré.
La bouche, très douce, suit parfaitement l’olfaction.
Mais on y décèle aussi du chocolat noir.
Cela m’a rappelé le fameux « chinotto » italien.
La fantastique acidité rend le vin fluide et frais.
VIN SANTO BIANCO, ANTINORI 1964 (*****)
Couleur ambre foncé.
Les arômes très purs et délicats sont d’une grande complexité.
Notes de tabac frais, de chocolat, de café, de pâtisserie, de thé refroidi avec
des herbes médicinales.
Vin riche et charnu pourvu d’une grande tonicité grâce à sa haute acidité.
La bouche est marquée par du café.
L’amertume d’écorce d’orange associée à celle de plantes médicinales procure
une grande fraîcheur.
Très long. Grand sujet.



VIN SANTO ROSSO, ANTINORI 1977 (*****)
Couleur rouge dense.
Nez très ample et imposant de fruits rouges en confiture, style Porto.
Note de café.
Vin très riche avec un fort soutien d’alcool qui octroie puissance et longueur.
On y sent de la torréfaction.
Comme au nez, la bouche rappelle fortement le Porto.
(à savoir que les Vin Santo rouges étaient régulièrement renforcés à l’alcool
comme les Porto)
VIN SANTO ROSSO, ANTINORI 1974 (?)
Couleur rouge foncé.
Les arômes partent sur des tertiaires rustiques avec du café et du tabac.
On se demande s’il s’agit de l’influence d’un bouchon déficient ou d’une
futaille pas très propre.
Vin très riche dont la dose d’alcool déséquilibre l’ensemble.
Mais il y a une belle fraîcheur finale apportée par une haute acidité.


VIN SANTO ROSSO, ANTINORI 1970 (*****)
Couleur rouge très dense.
Nez racé et noble.
On y ressent du café, du chocolat noir, du nougat, de la menthe et du kirsch.
Vin très riche et pur avec une rondeur charnue vivifiée par une haute acidité.
Les composantes sont équilibrées malgré un alcool élevé.
Notes de chocolat au kirsch.
La finale est marquée par une amertume saline et même une certaine minéralité.
Sujet de grande classe.

VIN SANTO ROSSO, ANTINORI 1968 (*****)
Couleur très ambrée.
Arômes élégants avec de la livèche, du bois oriental, du caramel et du Rhum.
Vin riche et opulent doté d’une douceur sensuelle.
Mais l’acidité y rajoute du mordant.
La finale présente une belle amertume d’herbes macérées.


VIN SANTO ROSSO, ANTINORI 1964 (*****)
Couleur brun noir.
Arômes un peu baroques et exubérants.
On est sur du caramel mou et du Baileys.
Vin très doux qui garde une bonne fluidité grâce à son acidité élevée.
Le style fait penser à un vin issu d’une récolte sur maturée, alors que certains
Vin Santo rouges rappellent le style Porto puisqu’ils ont aussi été renforcés.
Notes de figue.
Très bonne buvabilité.
Sujet resplendissant.
VIN SANTO ROSSO, ANTINORI 1958 (*****)
Couleur brun assez clair.
Arômes extravagants de bois exotique, de tabac, de banane, de mangue,
de fruit de la passion et de caramel mou.
C’est comme si j’entrais dans une savane avec sa vie grouillante et toutes ses odeurs.
Vin harmonieux doté d’une fine douceur. Le fruit parfait est doté d’une chair à croquer.
La fraîcheur est apportée par une acidité de citron vert. Le plaisir est à son comble.
Tous les instruments s’accordent parfaitement entre eux pour créer une
symphonie joyeuse.


CONCLUSIONS
– le public sait généralement que le Vin Santo existe. Mais celui-ci est peu connu.
On en a une idée assez floue. On ne sait pas très bien comment et où il est fait. De plus,
étant historiquement un vin de famille, il était peu distribué et les crus pouvaient présenter
des qualités et des styles fort différents. La difficulté de s’en faire une idée précise est
donc logique.
– cette deuxième dégustation fait suite à une première d’anciens millésimes de différents
producteurs, il y a quelques mois. Il en ressort que certains Vin Santo sont des trésors endormis.
– pour moi, il est une fois de plus illustré que les vins issus de longs élevages, aboutissant à
des styles plus ou moins oxydatifs, ont une sorte de plus par rapport aux vins d’élevages courts.
– les Vin Santo ont évolué depuis l’introduction des AOC en Toscane en 1967. C’est devenu
beaucoup plus marqué dès les années 1990. La technologie a pris le dessus, faisant indéniablement
augmenter la qualité générale. Par contre, on ne peut s’empêcher de constater une certaine
standardisation et aussi la disparition de certaines « folies » dues au hasard peut-être, mais aussi au
fait que de laisser des vins sans intervention durant parfois plus de dix ans dans des tonneaux peut
engendrer de véritables merveilles.
– les Vin Santo Antinori de cette soirée ont été marquants pour l’ensemble des participants.
Tous ont été surpris de trouver d’aussi grands sujets.
– les préférences ont toutes penché vers les blancs, à l’inverse de ce qui était pronostiqué. Ceux-ci
présentent beaucoup de qualités. En premier lieu une énorme complexité. Ensuite, l’équilibre des
composantes: les douceurs séduisantes et les acidités élevées procurent la fraîcheur et la vivacité.
La densité est aussi à mettre en avant. 1973, 1968 et 1964 sont extraordinaires. La tenue dans le
vieillissement est impressionnante. Il semble qu’ils ne subissent pas l’outrage du temps.
– les rouges dégustés méritent aussi tous les éloges. Ils démontrent en général les mêmes qualités
que les blancs. Mais deux catégories se côtoient: les crus qui semblent avoir été renforcés à l’alcool
(comme les Porto), et les autres, sans adjonction d’alcool. Ont nettement été préférés les vins de la
deuxième catégorie. On remarque en effet que ceux qui tendent vers un style « Porto » bénéficient d’un
soutien d’alcool qui augmente la densité des sensations. En contrepartie, ils semblent perdre en complexité.
– les renseignements trouvés sont insuffisants pour pouvoir annoncer quels sont les vins qui ont été
renforcés à l’alcool. La Maison Antinori semble, ou retenir les informations, ou n’avoir que peu d’intérêt
pour le Vin Santo puisqu’il ne représente qu’une part négligeable du marché.
– mon rouge préféré fut nettement le 1958.




