VERTICALE

13 septembre 2026
Pop Bar / Sion
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SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 2016 (****)
Au nez, c’est un pur jus concentré et dynamique, comme à la récolte.
S’y rajoute un peu de tabac et d’herbes aromatiques.
Le vin est vif et frais avec une trame serrée. On dirait qu’il vient d’être
mis en bouteille. On devine un suivi des plus rigoureux de la vigne à la
fin de l’élevage pour arriver au résultat voulu.
Mais l’ensemble est assez strict. La finale est un peu courte et encore
marquée par les tanins et par l’élevage. On aurait voulu plus de chair et
recevoir un peu plus de plaisir.
Cependant on salue la maîtrise oenologique.
Atteindra-t-il la grandeur promise? Attendons.
SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 2013 (*****)
Le nez est ample et ouvert, avec de l’élégance et de la séduction.
Les fruits rouges, mûris sans excès, dominent.
Le vin est d’une grande harmonie. Il est toujours marqué par le fruité
ressenti à l’olfaction. S’y rajoutent des herbes aromatiques et du bois
exotique. Les tanins sont nobles. La ligne est droite et nette du début
à la fin. La finale reste superbement fraîche.
Ce sujet est bien différent du 2016. Il est plus basé sur l’harmonie que
sur la structure.


SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 2008 (*****)
Les arômes très développés sont marqués par un fruité sur mûr.
Notes de pruneau, d’épices orientales et de cacao. On entre dans le baroque.
Le vin est riche avec un gras enveloppant. La chair voluptueuse enrobe
parfaitement toutes les autres composantes. L’acidité de la finale arrive à
point nommé pour lui donner du dynamisme. Il semble au sommet de ses
possibilités à l’heure actuelle, mais il ne va pas mourir demain.
Les épicuriens seront ravis.
SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 2003 (*****)
Au nez, on est séduit par la générosité des arômes. On part sur des
fruits sur mûrs, presque compotés. Notes de pruneau, d’épices fines
et de bois oriental. Il affiche sans détour ses larges dimensions.
Le vin est pourvu de rondeurs aguichantes. C’est un vague fruitée
qui se termine sur des tannins nobles presque granuleux.
Il représente bien le style solaire du millésime, sauf, et c’est heureux,
la finale qui est marquée par une belle acidité.


SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 2002 (****)
Les arômes sont bien plus floraux et frais que sur le 2003: c’est logique
si l’on se réfère à la climatologie du millésime. On reste principalement
sur des fruits rouges récoltés au bon moment. Le vin est très équilibré
et garde beaucoup de jeunesse. Le fruité est très pur.
Dans l’ensemble, ce cru est très agréable, et présente beaucoup de buvabilité.
Il manque simplement de concentration et de longueur.
SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1990 (*****)
Au nez, c’est la grande classe. On est tout de suite marqué par l’ampleur,
l’élégance et la pureté. Aux fruits rouges bien mûrs, se rajoute un début
de tertiaires sur le cuir ou le tabac, et de la vanille. Le vin est d’une
harmonie exceptionnelle. Il est concentré et riche, mais il ne présente
aucune lourdeur (quelle buvabilité!). Les tanins somptueux sont enrobés
par un fruit charnu et sensuel. La complexité passe aussi par des notes
de chocolat noir, de cacao, de vanille et d’épices fines.
Le plus incroyable est que l’ouverture rend ce cru de plus en plus jeune.
Sa finale époustouflante est marquée par une fraîcheur vivante et vivifiante.
Le plaisir-même!



SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1988 (*****)
Les arômes présentent une dimension exceptionnelle. C’est la grande classe.
Le fruit très pur est si mûr qu’il semble déjà voluptueux au nez. On confine le
baroque. On est marqué par toutes sortes de fruits rouges et noirs en coulis.
Le vin est somptueux et hors norme, tant ses dimensions sont développées.
Les tannins sont solides comme du roc, et pourtant ils se noyent dans la chair
du fruit et du glycérol presque épais. Toute cette vague onctueuse est
admirablement soutenue en finale par une acidité parfaite.
C’est un sujet monumental et marquant qui présente en plus beaucoup de buvabilité.
SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1987 (****)
Les arômes sont élégants, fins et délicats. Le fruité est très pur et
sans vieillissement. Notes de cassis ou de mûre. Le vin est de
structure moyenne, ce qui se traduit par une finale un peu courte
et une touche végétale.
Mais ses qualités sont suffisantes pour procurer bien du plaisir.


SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1982 (?)
Le vin est malheureux marqué par un goût de bouchon.
Mais on devine un sujet de grande qualité ayant gardé beaucoup de tonus.
SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1979 (*****)
Les arômes sont extrêmement complexes, avec de l’élégance mais
aussi beaucoup de personnalité. Il ne manque pas non plus de séduction.
Notes de caramel, de nougat, de cacao, de bois de santal, de poivron
rouges très mûr et d’épices orientales. Le vin est riche et ample, avec
une rondeur qui confine le sucre. Les tanins se fondent dans la masse
fruitée et l’acidité finale rehausse le tout en y rajoutant de la tonicité.
C’est une grande nature touchante au possible.
On en redemande sans compter.


SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1977 (*****)
Au nez, on est frappé par une personnalité hors norme. La force qu’il
dégage est exceptionnelle. On part sur des petits fruits noirs très mûrs,
du graphite et de la truffe. Les tertiaires sont parfaits et ne font que de
rajouter caractère et complexité. En bouche, les tanins athlétiques se
fondent dans un fruit charnu qui a gardé beaucoup de jeunesse et de
tension. La finale est pourvue d’une acidité presque citronnée qui
réveille les papilles.
C’est la huitième bouteille que je goûte de ce vin et, chaque fois, je suis
frappé par sa grandeur. Il est vraiment extraordinaire. Pour moi, sa cote
internationale est bien en-dessous de la vérité.
SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1976 (*****)
Les arômes sont marquants de pureté et de finesse. On y ressent un
fruit rouge parfait de récolte qui évoque la Bourgogne: c’est tout dire!
Le vin, sans manquer de structure, est d’une délicatesse angélique.
Le fruit glisse au fond du palais sans aucune aspérité: c’est une vague
de plaisir.
La finale, rehaussée par une acidité vivifiante, est juvénile et joyeuse.
On ne peut qu’être séduit par une belle beauté.


CONCLUSIONS
– Sassicaia a changé au cours de son histoire. Cela fait suite aux adaptations oenologiques
(c’est logique) et à la dimension de son vignoble qui a décuplé progressivement (c’est moins logique).
– Les plus anciens, je dirai avant 1980, sont des monuments que le temps n’a toujours pas affaiblis.
Ils ont des personnalités et des structures fortes que l’on ne retrouve pas à l’heure actuelle.
Pour plusieurs millésimes, ils sont impressionnants et marquants. Ce sont ceux que je préfère.
– Après 1980, on retrouve quelques sujets extraordinaires: 1985, 1988 et 1990. Ensuite, on part sur
des styles différents. On se rapproche plus du style international.
– L’exemple à donner est le 2016, encensé comme une réussite digne du 1985. Mais on en est loin.
La structure semble plus apportée par un travail oenologique que par une naissance exceptionnelle.
Et, bien entendu, le style tire plus sur une adaptation internationale.
J’en viens à espérer que la bouteille dégustée n’était pas représentative.
– Par contre, je ne peux que louer le plaisir procuré par les 2013, 2008 et 2003. Ils sont élégants
et harmonieux. Leur chair est faite pour être croquée avec sensualité.
– Les 2002 et 1987 ont une grande buvabilité, mais ils souffrent d’une récolte de qualité moyenne.
– En ce qui concerne les vedettes plus âgées, je dois dire que le 1990 est grandiose lorsque la
bouteille est parfaite comme celle de ce jour. J’ai en effet trop souvent constaté des différences
notoires de l’une à l’autre.
– J’ai cependant une petite préférence pour le 1988, plus régulier et encore plus époustouflant.
Du reste, Giacomo Tachis le considérait comme supérieur au 1985.
– Le 1979 est toujours aussi attractif. Son exubérance et sa nature expansive ne peuvent que plaire.
– Le 1977 est comme un cas à part. Sa force et sa personnalité marquent chaque fois que l’on
a la chance d’en boire. C’est, avec le 1972, mon préféré de cette époque.
C’est étonnant car la critique internationale est sévère à leur sujet.
– Le 1976 est un sommet de séduction et de délicatesse. Sa finesse impressionne.
Alors que pratiquement toute l’Italie a souffert de la climatologie de celle année, Sassicaia
n’a rien pour le rappeler. Sassicaia 1976 pourrait être consacré vin italien du millésime.



