GRANDS VINS DU MONDE

Martigny 5 octobre 2025
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CHAMPAGNE CRISTAL, ROEDERER 1955 (*****)
Couleur or sombre.
Arômes très denses et purs que l’âge a magnifiés.
En bouche, la trame est serrée et riche. Tout est concentré et net.
Le gras presque doux rend le sujet des plus séduisants.
L’acidité très élevée égalise les forces et procure une grande fraîcheur.
Longueur interminable.
Un tout grand Champagne encore très présent.
VEGA SICILIA UNICO BLANCO 1944 (****)
Un vin totalement inconnu, même au Domaine. Les renseignements sont quasi
inexistants. Je n’ai pu voir qu’un 1938 dont on parle comme d’un vin virtuel.
On soupçonne qu’il pourrait s’agir d’un vin pour le personnel.
Le cépage serait peut-être de l’Albillo, ou encore un cépage français.
Le flaconnage est en verre blanc, au contraire des crus rouges.
La couleur du vin est jaune dense un peu ambré.
Les arômes racés font penser à un grand blanc classique.
Le temps ne l’a pas atténué et y a développé un léger sotolon.
Mais on ne va quand même pas le confondre avec celui d’un Vin Jaune.
Le vin est concentré et fort, avec du gras à l’attaque.
Comme sur tout grand vin, une acidité citronnée vient y apporter fraîcheur et vie.
La longue finale présente un soutien prononcé d’alcool.


SANCERRE CLOS LA NEORE 2016 (*****)
Nez pur, dense et noble.
L’aromatique du cépage est très discret: il laisse la vedette au terroir.
Touche de livèche.
Vin concentré et riche, mais sans lourdeur.
La trame serrée est rehaussée par une acidité fantastique.
L’énergie que déploie ce cru est incroyable.
La finale est soutenue par une minéralité de grande classe.
MEURSAULT-PERRIERES, COCHE-DURY 2002 (*****)
Au nez, on est frappé par la noblesse et la personnalité du sujet.
Les arômes sont ouverts mais il s’en dégage beaucoup de dynamisme et de jeunesse.
On y retrouve des agrumes et de la noisette.
Le vin est très concentré et harmonieux. On devine un raisin de base à rêver.
L’attaque est d’entrée ferme, mais le gras qui perdure jusqu’en finale assiste
parfaitement la matière.
Les fruits partent sur des agrumes comme le pamplemousse.
La dimension exceptionnelle du cru est démontrée par la persistance et la
densité de la finale.


CLOS DE TART 1999 (*****)
Nez racé et dense, avec beaucoup de personnalité.
On est sur des petits fruits noirs et rouges bien mûrs, mais restés
très jeunes.
Notes de tabac, de terre noire et de suie.
Le vin est concentré et serré malgré un gras bien présent.
Les tannins sont encore athlétiques.
La matière de base est impressionnante.
Sujet de haut vol fait pour durer.
MUSIGNY, JACQUES-FREDERIC MUGNIER 1999 (*****)
Les arômes dégagent instantanément une sorte de perfection.
On est émerveillé par tant de classe, de pureté, de finesse et de noblesse.
J’y ai ressenti un fruit issu d’une récolte idéale.
Touche de violette.
Le vin est concentré au possible mais l’harmonie est totale.
Si on veut parler d’une anthologie du Pinot Noir, on est servi.


SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1972 (*****)
Arômes racés et forts avec une personnalité vraiment marquante.
J’y retrouve un boisé noble, des épices, du cuir et de l’humus.
Le vin est concentré à l’extrême et son harmonie est parfaite.
La matière est impressionnante à tous les niveaux.
Les tannins sont solides comme du roc, mais ils se fondent dans la chair du fruit.
La longueur est interminable.
Sujet exceptionnel, de haute expression, produit à seulement 5873 exemplaires.
On peut imaginer le gouffre qui existe entre les Sassicaia de cette époque et ceux
de maintenant produits à plus de 180’000 bouteilles.
GRANGE HERMITAGE, PENFOLDS 1968 (*****)
Les arômes marquent par leur force et par leur caractère: c’est tout simplement immense.
On y retrouve du coulis de petits fruits noirs, comme la mûre, le cassis ou la myrtille.
La bouche est époustouflante, et même monumentale.
Le miracle consiste en ceci: le déferlement de puissance ne nuit aucunement à
l’harmonie et n’aboutit sur aucune lourdeur.
Les tannins sont monstrueux, mais ils sont suffisamment intégrés dans la matière
pour en être uniquement le soutien.
La finale est marquée par une acidité presque citronnée qui assure beaucoup
de fraîcheur et de vie.
Je dis souvent que le Grange a besoin de 20 à 30 ans pour épanouir toutes ses
qualités. Mais, si je tiens compte des plus beaux que j’ai dégustés, il est encore
mieux de les attendre un demi-siècle.


BAROLO RISERVA SPECIALE, BRUNO GIACOSA 1961 (?)
J’avais acheté cette bouteille plus par curiosité que par conviction pour différentes
raisons. Après de nombreuses enquêtes au Domaine et auprès de spécialistes, il
est impossible de dire si Giacosa a réellement produit un Barolo Riserva Speciale
en 1961. Un participant, professionnel de la verrerie, a déterminé que ce flacon
semblait ne pas avoir été produit à cette époque, car trop bien construit.
Ce qui permet de penser à un faux.
Mais, sachant cela, il est quand même difficile de se prononcer car le vin est très
bon. Il ressemble assez bien à l’idée que l’on se fait des vieux Barolo de Giacosa.
Seuls quelques manquements dans la pureté et la netteté du produit gênent un
peu son appréciation. Le faussaire a vraiment bien travaillé, si c’est le cas.
Je rajoute que l’étiquette et la collerette sont comme neuves, ce qui aurait aussi
pu faire douter. Par contre, à l’ouverture, le bouchon semblait tout à fait vrai.
BAROLO ROCCHE DI CASTIGLIONE FALLETTO
RISERVA SPECIALE, BRUNO GIACOSA 1971 (*****)
Comment peut-on arriver à réunir tant de qualités: finesse, pureté, noblesse,
délicatesse, subtilité, et encore avec un tel caractère?
Le fruit parfait de récolte se présente encore fringant.
La matière concentrée est ferme et souple en même temps.
Les tannins somptueux offrent le plus beau des soutiens.
C’est une vague fruitée marquée par des petits fruits rouges qui évoquent la Bourgogne.
L’ensemble est vivant et joyeux: il procure le plaisir suprême.
Cette bouteille semblait pouvoir encore s’améliorer.


VEGA SICILIA UNICO 1942 (*****)
Le nez indique une forte personnalité, et représente bien son époque.
Mais tout est pur et droit.
On est sur des fruits rouges très mûrs encore bien vivants.
Une touche d’acidité volatile y rajoute de la fraîcheur sans y apporter un
déséquilibre. Du reste, à l’ouverture, elle disparaît.
Le vin est dense, droit et dynamique.
Les tannins sont encore athlétiques.
La finale est rendue joyeuse par une acidité élevée.
On peut abonder dans le sens que c’est peut-être le plus grand Unico produit.
RIESLING AUSLESE, EGON MULLER 1976 (*****)
Les arômes purs présentent la noblesse du cépage de manière subtile et délicate.
Le fruit de récolte est parfait et net.
Quand on sait que le degré alcoolique voisine les 8%, on est impressionné par
une telle densité.
La douceur, moins marquée que pensé, est équilibrée idéalement par l’acidité.
L’harmonie est sans défaut.
Ce grand vin mérite une très haute note, mais j’y aurais voulu plus de vigueur et
de vivacité. Je fais le difficile, excusez-moi.


MADEIRA SERCIAL, BRAHEEM KASSAB 1825 (*****)
Les arômes présentent un rancio marqué mais il est net et droit, avec beaucoup d’ampleur.
C’est un exemple à ce sujet.
La bouche est d’une richesse extraordinaire.
Le rancio fait à nouveau son effet au niveau gustatif.
Tout est d’une énorme dimension, mais reste harmonieux.
Le gras dû à l’alcool élevé y rajoute une magnifique onctuosité.
L’acidité est un soutien du début à la fin.
L’âge ne semble pas intervenir sur cette impressionnante force de la nature.




