Evénement exceptionnel
1774

Beau Rivage / Genève
12 juin 2025
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ARBOIS VIN JAUNE, ANATOILE VERCEL 1774 (*****)
Les arômes sont pleins de vie, avec une grande pureté.
Le style Vin Jaune est évident.
La subtilité l’emporte sur la puissance.
J’y ai ressenti au départ un aspect légèrement aromatique, qui a disparu avec l’aération.
Une très faible dose d’acidité volatile semble tout simplement faire partie du vin et n’a
pour effet que d’augmenter la fraîcheur.
Les tertiaires très délicats partent sur l’humus et les champignons séchés avec des
notes balsamiques.
La bouche est presque spectaculaire, tant elle retransmet de vigueur et de fraîcheur.
Il faut dire que l’acidité est suffisamment élevée pour réveiller le palais.
Le sotolon habituel est présent avec de la noix et de l’amande.
Une petite minéralité saline apporte un soutien très heureux en finale.
L’aération octroie un peu plus de gras, mais la ligne reste nette et droite du début à la fin.
L’ensemble est délicat, et même aérien, mais, en même temps, on est impressionné
par sa trame très dense et serrée.
La persistance est remarquable.
Ce 1774 présente des arômes et des goûts se rapprochant des vins jaunes de notre
époque (entre 10 et 50 ans). Par contre, il n’en a ni la richesse ni la corpulence.
Son acidité, plus élevée que sur les crus actuels, le rend cependant plus incisif et plus vivant.
Pour moi, ce cru est marquant, non seulement par son âge, mais aussi par les énormes
qualités qu’il présente.
Il a été déterminé que la contenance du flacon était de 87 cl.
VIN JAUNE, OVERNOY 1985 (*****)
Le type Vin Jaune est parfait au nez.
L’élégance est remarquable, le caractère aussi.
La bouche est très dense et riche, mais équilibrée.
Le sotolon idéal est accompagné par une amertume saline qui
procure de la fraîcheur en finale.
La structure est marquante.
La trop grande jeunesse est certainement la raison pour
laquelle l’amertume de persistance est encore un peu stricte.


CHATEAU CHALON, VINCENT BOUVRET 1945 (****)
Très beau sujet, pur, net et droit.
On est plutôt dans la discrétion, mais le style « jaune » est très perceptible.
L’ensemble est resté très frais.
La densité de bouche est moyenne.
La cave se trouve à Poligny. Je n’ai pas réussi à savoir
si Henri Bouvret, aussi à Poligny, est le fils de Vincent.
CHAMPAGNE ORIGINAL DRY, FRED. LEROUX 1921 (*****)
Ce Champagne, surnommé Champagne de la Victoire, a été dégorgé en 1990!
Le nez est délicat et très pur, avec encore un beau fruité.
J’y trouve un peu de massepain et aussi, de manière très discrète, des tertiaires
sur des bolets ou des champignons de Paris.
La bouche est d’une grande harmonie. Le gras est là pour donner de la chair
mais sans aucune sucrosité.
L’acidité élevée lui procure de la vie et de la fraîcheur. Petite amertume en finale.
L’effervescence a pratiquement disparu. Elle se devine seulement.


MEURSAULT-GENEVRIERES, BUISSON-BATTAULT 1976 (****)
Les arômes sont étonnamment plus élégants au départ qu’à l’aération.
Notes de noisette et de pain taosté.
On est plus sur l’harmonie que sur la structure.
Les caractéristiques dues à la chaleur du millésime sont totalement absentes.
La bouche est plus forte et concentrée que le nez.
Le caractère est très intéressant. On sent une noble naissance.
La finale est cependant marquée par une amertume un peu rude.
MAGNUM CHEVALIER-MONTRACHET, VINCENT DANCER 2005 (*****)
Arômes de grande noblesse avec beaucoup d’ampleur.
La minéralité de coquillage écrasé ressentie à l’olfaction est celle
qui démontre la classe du terroir.
En bouche, cela semble encore plus marqué.
Grande structure mais aucune lourdeur.
Un sujet marquant que l’on doit encore laisser s’épanouir, surtout en magnum.


CORTON, PRODUCTEUR INCONNU 1919 (****)
Le nez part sur le tabac et le bois mouillé avec une certaine rusticité.
L’ouverture l’améliore fortement et lui redonne du fruité.
Le vin est très bien tenu.
Il est équilibré et vif grâce à son acidité élevée.
RICHEBOURG, PRODUCTEUR INCONNU 1911 (*****)
Le nez est marqué par la noblesse et l’élégance.
On y ressent un fruit parfait de récolte.
Dès l’abord, il impressionne en tout, mais il n’est aucunement ostentatoire.
Le vin est somptueux avec une chair à croquer.
Il est aussi pourvu d’un caractère authentique et d’une grande pureté.
En aucun cas il ne fait son âge.
Le millésime semble controversé. Je le considère cependant comme exceptionnel.


CHATEAU LATOUR 1955 (*****)
D’emblée, on devine la classe et le caractère du grand cru bordelais.
C’est impressionnant de netteté et de jeunesse.
On est sur un parangon de Latour.
La bouche est pourvue d’une chair voluptueuse soutenue magistralement
par des tannins somptueux. La complexité est incroyable.
L’âge n’a, semble-t-il, aucune prise sur ce cru exceptionnel.
C’est bien entendu le plus beau Latour 1955 que j’ai dégusté.
VOSNE-ROMANEE CLOS GOILLOTTE, PRIEURE ROCH 1999 (*****)
La couleur est d’un rouge un peu bruni et un peu trouble, ce qui semble habituel.
Le nez indique une nature exceptionnelle de pureté, de noblesse et d’élégance.
La fraise écrasée se ressent bien.
Le vin est d’une rondeur sensuelle du plus bel effet.
C’est un jus de plaisir qui coule au fond de la gorge pour son plus grand plaisir.
L’acidité lui procure ce qu’il faut de fraîcheur et de vie.


MAGNUM CHAMBERTIN, DENIS MORTET 2000 (*****)
Nez racé et fort avec beaucoup de présence.
On sent un sujet de haut vol.
Le vin est équilibré malgré ses larges dimensions.
La classe du terroir ressort.
Les tannins fantastiques, comme granuleux, soutiennent le fruit bien mûr.
Malgré ses 25 ans, l’élevage est encore présent.
Mais c’est le signe qu’il est encore dans la pente ascendante.
MAGNUM BAROLO PAIAGALLO, GIOVANNI CANONICA 2010 (*****)
Nez de grande pureté et de caractère.
Le terroir vrai se ressent.
Vin riche et corsé avec une structure tannique qui se ressent comme
excessive à l’heure actuelle.
Ce cru annonce maintenant sa grandeur, mais l’attente est impérative.


PALERME 1882 (****)
Les indications concernant ce vin sont quasi inexistantes. Il est à remarquer
l’orthographe française.
La couleur et le nez font penser à du Cognac ou à du Rhum.
J’y retrouve aussi ce qui fait penser à un Porto très ancien, un peu rustique,
et marqué par le bois mouillé.
Le vin est solide et très riche, ce qui pourrait faire penser à un cru renforcé.
Une petite douceur arrondit l’acidité et l’alcool.
S’y trouve aussi une touche d’herbes macérées.
C’est sur la finale que l’alcool et l’amertume ont un effet un peu négatif.
MASSANDRA JEREZ 1955 (*****)
Arômes délicats et discrets avec une note aromatique.
Le style Jerez est bien perceptible.
En bouche le vin est plus concentré qu’à l’olfaction.
La petite douceur ressentie est positive car la trame est serrée
et l’acidité élevée.
De plus, l’amertume du sotolon est là pour donner caractère et tenue.
Massandra a produit là un sujet digne des grands Jerez, à mon avis.


MASSANDRA RED PORT 1894 (*****)
Les arômes font penser à un Porto Vintage très ancien de grande dimension.
Il en a la noblesse, l’ampleur et l’incroyable finesse.
Le vin est autant concentré qu’harmonieux.
J’y ressens du nougat, du chocolat au lait, de l’amande douce et de la cerise noire
bien charnue.
La douceur ressentie n’est pas autre chose qu’une caresse sensuelle.
L’ensemble est un précieux présent pour le palais.
Rien n’indique un quelconque fléchissement due à l’âge.
C’est de loin le Massandra traité en « Porto » le plus grandiose que j’ai dégusté.
A noter que l’année 1894 est celle où le Tsar Nicolas II reprend les rennes
et ordonne la réorganisation de tout le domaine de Massandra.
PORTO GARRAFEIRA, NIEPOORT 1940 (*****)
Couleur ambre limpide.
Arômes d’une grande élégance, sur le kirsch, la confiture de fraise et la reine-claude.
Le fruité est celui des grands Bourgogne.
Vin harmonieux, dense et fin. La trame est serrée. Beaucoup de pureté.
L’amertume soutient parfaitement une finale marquée par de l’iode.
La longueur est interminable.
On est tenté de dire qu’il est encore en phase ascendante!
Exceptionnel en tout.

VIN DU GLACIER, JEAN-MARC LOYE (*****)
Les arômes font penser à un Oloroso avec beaucoup de personnalité.
Notes de brou de noix et de livèche.
Le vin est fort au possible.
C’est un concentré de Glacier.
L’alcool élevé rehausse presque violemment toutes les sensations.
Le sujet est pourvu d’un caractère et d’une force si grandes que le palais en reste
imprégné interminablement.
Mais ce caractère et ce style en font un sujet unique, même s’il se rapproche du
style des grands Jerez.
Il est à remarquer qu’il n’y a aucune déviance oenologique.
Certains convives ont eu de la peine à apprécier une telle intensité des sensations.

Le Vin du Glacier est un cru élevé selon la méthode Solera.
On n’en trouve qu’en Valais dans le Val d’Anniviers. Il existe au moins depuis le XVIII ème siècle.
Ce sont des bourgeoisies, mais surtout des familles qui gardent un tonneau (dans la plupart du temps),
parfois deux, rarement plus, de ce vin de style oxydatif qui ne doit être bu que dans la cave elle-même.
La capacité passe en général de 80 à 300 litres.
Le propriétaire le soigne jalousement en n’en fait boire une très petite quantité que rarement à des
invités de marque.
En effet, ces propriétaires sont très stricts et n’en prélèvent pratiquement jamais pour le laisser être
consommé en-dehors.
C’est donc un privilège unique que de pouvoir présenter ce précieux liquide sorti exceptionnellement
de son contenant.
L’occasion était trop belle de ne pas présenter ce Vin du Glacier lors de l’événement durant lequel
était dégusté le mythique Arbois Vin Jaune de 1774.
Le tonneau du Vin du Glacier bu ce jour a été fabriqué au XVIII ème siècle.
C’est celui de gauche sur la photo. Sa contenance est d’environ 240 litres.
On pense qu’il a été rempli pour la première fois au début des années 1800.
Ce serait le plus ancien Vin du Glacier.
De plus, comme il en est très peu soutiré annuellement, c’est certainement aussi
le plus concentré et le plus fort.
La plupart des autres en ont les caractéristiques, mais avec une concentration un peu
moindre, les rendant plus accessibles à déguster pour des amateurs peu habitués.
Comme pour tous les Vins du Glacier, le cépage de base fut durant plus d’un siècle la Rèze.
Ce cépage, devenant trop rare dès les années 1940, fut remplacé généralement par de la Marsanne.
Depuis quelques années, la Rèze est à nouveau plantée et entre à nouveau dans ces tonneaux.




