VERTICALE

22 avril 2012
ARVINIS / Morges
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SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 2000 (****)
Couleur rouge dense.
Nez élégant et ample avec de la noblesse.
Touche de bois oriental et de cuir.
Beau volume de bouche.
L’attaque est ronde avec des tannins fondus mais présents.
La structure est là, sans lourdeur.
L’harmonie est son principal atout.
SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1998 (*****)
Nez élégant et ample, tout en dentelle.
Le fruit est bien mûr.
Note de bois de sental.
Vin de plaisir, très velouté sur toute la longueur de bouche.
Touche iodée en finale.
Il est basé plus sur l’équilibre que sur la puissance.
Mais on devine une structure suffisante pour lui assurer un bel avenir.


SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1995 (*****)
Nez très racé et élégant.
La complexité est là.
Les fruits noirs sont accompagnés par des notes de cuir, d’humus
et de tomate séchée.
Vin équilibré, mûr et ouvert.
Le fruit est charnu et velouté, mais il reste dynamique.
La finale est fraîche et marquée par une minéralité fine.
SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1991 (***)
Couleur rouge un peu tuilé.
Nez délicat avec des notes orangées.
Le boisé est présent.
Petit aspect végétal.
Vin agréable et facile, de structure moyenne.
Son équilibre est bon, mais l’ensemble manque un peu
de finesse.


SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1990 (*****)
Belle couleur rouge rubis.
Enorme ampleur au nez. C’est sensuel et baroque.
On sent des fruits noirs bien mûrs.
Le vin est puissant et riche avec beaucoup de glycérol.
Le fruit est concentré et charnu avec des tannins très fermes.
La très longue finale est marquée par de l’iode et une minéralité
magistrale.
Vin impressionnant et attachant pour son côté hors norme
et sa démesure.

SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1988 (*****)
Couleur rouge dense.
Arômes élégants, amples et racés.
On y retrouve des fruits noirs avec des notes de cuir.
Vin corsé, mais fin et noble.
Equilibré et sans lourdeur malgré sa forte constitution.
Longue finale fraîche sur une belle minéralité.
Grand potentiel encore.
Un millésime exceptionnel de Sassicaia.


SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1985 (*****)
Couleur la plus foncée de toutes.
Nez très pur et dense.
Le fruit est parfait et d’une incroyable jeunesse.
La classe et la race au sommet.
Vin très concentré, d’une harmonie sans égal.
La noblesse et la pureté de fruit sont impressionnantes.
La persistance est exceptionnelle.
Au sommet maintenant et pour longtemps.
SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1981 (****)
Arômes tout en dentelle, sur les tertiaires agréables et fins:
humus, fougère.
La race est aussi de la partie.
Vin de caractère avec un fruité pur et vif.
Les tannins sont encore virils.
Sa structure n’est pas imposante.
C’est une belle nature dotée d’une grande buvabilité.
Sur la lignée des millésimes moins « considérés » de 1980
à 1984, c’est le 1981 qui domine les débats.


SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1979 (*****)
Nez de fruits très mûrs avec une certaine rusticité (notes « cuir-animal »)
mais on devine une belle nature ouverte et sans complexe.
Vin puissant, riche et charmeur avec une rondeur qui confine au sucre.
Notes de nougat et de caramel.
Même durant la longue persistance, il garde une chair voluptueuse du
plus bel effet.
Une sorte de « baroquerie » tellement plaisante!
La fameuse « Viale dei Cipressi » sur la Via Aurelia est une rectiligne
d’environ 5 km bordée de près de 2000 cyprès.
Elle avait déjà cette configuration en 1911.
Elle mène au village mondialement connu de Bolgheri qui fait partie de la
commune de Castagneto Carducci.
Tout au début (ici à droite), se trouve la Tenuta San Guido.
SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1978 (*****)
Arômes élégants et amples, avec un fruit très pur.
La belle touche orangée indique le soleil toscan.
Vin ample et riche, très fondu.
L’acidité de fin de bouche rehausse l’ensemble.
Superbe, vivant et resplendissant.
Très long aussi, ce qui indique sa grande structure (sans
qu’elle soit envahissante) et son potentiel.


SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1976 (****)
Arômes de fruits bien mûrs avec une touche orangée.
Notes de cuir et de champignons.
Vin riche, concentré et chaleureux.
Les tannins sont encore athlétiques.
L’acidité finale est marquée.
Vin de caractère fort.
Cette bouteille m’a semblé un peu moins harmonieuse que d’autres.
SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1975 (*****)
Nez très pur, fin, dense et racé: c’est impressionnant.
Vin concentré et noble.
Sa personnalité est marquante.
La finale est extrêmement soutenue tout en restant harmonieuse.
La fraîcheur et la jeunesse qu’il dégage indiquent un grand sujet
apte à tenir encore longtemps.


SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1971 (*****)
Nez complexe d’une grande nature exubérante.
Notes de caramel, de nougat, de champignons et de poivron bien mûr.
Vin fruité tout en dentelle.
Il est vif et frais en finale avec une superbe touche iodée un peu fumée.
L’ensemble est plus délicat que puissant, mais il ne manque pas de
structure puisqu’il est encore jeune à l’heure actuelle.
SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1968 (*****)
Couleur rouge dense juste un peu tuilé.
Nez d’une densité exceptionnelle avec une touche d’acidité
volatile positive qui intensifie les arômes.
Le fruit est d’une très grande pureté.
La figue et le kirsch indiquent la grande maturité de récolte.
Le vin est une anthologie avec une corpulence hors du commun
et une personnalité digne des grands Bordeaux de 1947 (par exemple).
C’est le style de vin auquel on ne saurait donner d’âge et qui
semble indestructible.


CONCLUSIONS
Un petit préambule chiffré me permettra d’étayer mes conclusions.
Au début, la contre-étiquette indiquait la production du Sassicaia.
Ci-dessous, les étapes marquantes: 7’300 bts pour le 1968. Cela monte pas
à pas jusqu’au 1975 avec 11’958 bts. Puis on double sur le 1976 avec 23’260 bts.
Après, on continue l’ascension: 41’000 bts en 1979 et 60’000 en 1980.
Le mythique 1985 est produit à 62’500 bts. On peine à trouver des chiffres par
après, mais depuis des d’années, on indique 180’000 bts.



Ces chiffres ont poussé beaucoup de spécialistes à annoncer qu’il y a le Sassicaia
originel et le Sassicaia d’après son agrandissement.
Ayant eu l’occasion de déguster régulièrement ces dernières années bien des
millésimes de 1968 à nos jours, je me rallie volontiers à cette idée.
On retombe toujours sur le fameux 1985. A juste titre car il est réellement stupéfiant.
Mais aussi parce que la littérature des dégustateurs internationaux ne mentionne
presque aucun vin antérieur à celui-ci. Et pour cause: ces millésimes qui représentent
le Sassicaia « originel » sont quasi introuvables, donc inconnus.
Tout en mettant 1985 sur un piédestal mérité, je lui préfère pratiquement tous les
millésimes antérieurs: 1979, 1978, 1977, 1976, 1975, 1972, 1971, 1970 et 1968.
Sur les 10 millésimes produits de 1968 à 1979, seul le 1974 me semble dépassé.
Cela fait 90% de très grandes réussites, c’est impressionnant!
Mes préférés sont les très mal notés 1968, 1977 et 1972. C’est une affaire de goût
ou de style, et non pas de technique gustative.
La série de 1980 à 1984 me paraît faible, mais elle correspond à une production
pléthorique: 1982, 90’000 bts et 1983, 92’000 bts!
Le 1985 est une réussite qui marque un tournant chez Sassicaia, mis à part 1988
(parfois aussi impressionnant), et 1990 hors norme de style baroque flamboyant
(grandes différences d’une bouteille à l’autre).
Depuis 1986, une sorte de « standardisation » est intervenue, au moment-même
où l’augmentation de la surface viticole prenait effet avec encore plus d’ampleur.
Cette nouvelle donne ne semble pas gêner les « grands dégustateurs » puisqu’ils
accordent à tous les vins d’après 1984 des notes bien supérieurs à celles d’avant.
Allez savoir pourquoi!
Quelles sont les différences entre « avant » et « après »?
Les vins de 1968 à 1979 (plus le 1985) ont des structures impressionnantes mais
n’ont jamais aucune lourdeur. Ils ont aussi un caractère très affirmé et sont
construits pour durer. On a laissé les conditions climatiques de l’année vivre au
travers de leurs fortes personnalités.
Les millésimes depuis 1980 sont devenus plus élégants et faciles. Ils se sont
adaptés à la demande internationale, même s’ils n’ont pas suivi le chemin de la
puissance à tout prix, comme beaucoup d’autres supertoscans.
La technologie a aussi plus gommé l’effet millésime.
Dans la série que je considère comme « nouvelle », 2004, 1998 et 1995 me plaisent
énormément. Ils n’ont cependant de loin pas les dimensions des vins de la série
« originelle » dont les réussites sont trop nombreuses pour toutes les citer à nouveau.
Au milieu de tout ça, encore et toujours le 1985 qui restera une sorte de parfait compromis.





