GRANDS CRUS

9 juillet 2011
Lyon
**************************************************
Pour toutes les photos de ce site
![]()
**************************************************

CHEVALIER-MONTRACHET
DOMAINE LEFLAIVE 1996 (*****)
Arômes denses, purs et précis.
Le côté pain grillé s’allie parfaitement à une minéralité fantastique.
Le vin est riche et corsé. Il est très gras à l’attaque.
L’évolution révèle une acidité citronnée très vivifiante.
La longueur et la structure prouvent le grand vin.
Il tiendra encore longtemps.
MEURSAULT CHARMES, JOSEPH DROUHIN 1961 (***)
Au départ, les arômes sont complexes avec des notes de noix, d’amande
et d’abricot confit.
La bouche est veloutée et élégante.
L’ouverture ne lui est pas favorable car son côté oxydatif s’accentue et le
rend plus « commun ».
Ses qualités de base ont donné beaucoup de plaisir en début de dégustation.


PULIGNY-MONTRACHET 1ER CRU CLAVOILLON
DOMAINE LEFLAIVE 1958 (****)
Arômes d’infusion de menthe, de thé froid et d’écorce d’orange.
L’évolution tertiaire part sur le brou de noix, un peu comme sur des
Savagnin jurassiens.
L’ouverture le rend plus ample et plus fin.
Le vin est une belle délicatesse.
Millésime peu estimé, mais remarquable sujet.
CHAMPAGNE CRISTAL ROEDERER 1947 (*****)
Bouteille inconnue et introuvable.
Nez incroyablement racé avec un énorme volume.
Etonnamment, le raisin de base semble être issu d’une récolte quasi
sur maturée.
On y retrouve des notes de noyau d’abricot et une minéralité noble.
Le « vin » est très concentré.
L’effervescence est encore parfaite.
Sa merveilleuse acidité est enrobée par un chair voluptueuse.
L’ouverture renforce toutes ses grandioses qualités.
A n’en pas douter un Champagne d’anthologie.


CHAMPAGNE DOM PERIGNON
MOËT & CHANDON 1949 (*****)
Du début à la fin, ce Dom Pérignon n’a rien à voir avec tous les autres
Champagne que j’ai bus.
Très étonnante couleur gris-marron assez claire.
Nez de raisin frais, de tabac et de cendre froide.
On sent le caractère fort!
Le vin est pourvu d’une fraîcheur incroyable pour son âge.
L’acidité finale, quasi violente, est rehaussée par une petite amertume.
Sur toute la longueur de bouche, on est impressionné par le fait qu’il
semble extrêmement fin et délicat, alors qu’il se montre aussi fortement
structuré.
Je n’ai jamais ressenti (arômes et goûts) un Champagne qui se rapproche
autant de ce que l’on appelle le « vin clair » de base dont il présente la vivacité
et la jeunesse.
L’effervescence est elle aussi hors norme.
Elle est abondante mais pas intempestive et se manifeste à la vue et au
toucher comme s’il s’agissait d’un « nuage » de minuscules bulles, beaucoup
plus fines que la normale.
Les autres Dom Pérignon 1949 sont-ils comme celui-là?
POMMARD-EPENOTS, LOUIS LATOUR 1947 (*****)
Nez ample et fin de fruits très mûrs, sur la fraise.
Le style de l’époque se ressent avec un aspect « gibier-fourrure ».
Le vin est onctueux et riche.
Il est même athlétique.
Il semble posséder encore un fort potentiel de garde.
Un grand vin de caractère.


CHÂTEAU GAZIN 1950 (*****)
Finesse et immensité!
Confit de fraise avec des notes de tabac et de cuir.
Vin de grande matière avec de la rondeur et de la chair, mais aussi
avec un très beau soutien acide.
Sujet grandiose et baroque au sommet de son art à l’heure actuelle.
MUSIGNY VIEILLES VIGNES
COMTE DE VOGÜE 1952 (*****)
Arômes sensuels au possible.
On ressent du coulis de framboise mais surtout de la violette.
Vin parfaitement harmonieux, tout en volume et en rondeur.
Une splendeur qui vous attire et vous envoûte.
Ce côté floral sur la violette, au nez comme en bouche, est extraordinaire.
Le vin de la soirée pour pratiquement tous les convives.
Un rêve de Pinot Noir.


CHÂTEAU FIGEAC 1953 (****)
Les arômes n’ont pratiquement pas encore évolué sur le!
tertiaire: l’aspect fruité domine.
Race et caractère.
Grand Bordeaux classique, pur, fin et équilibré.
On se demande s’il ne doit pas encore « prendre de la bouteille »!
CHÂTEAU MARGAUX 1884 (***)
Tous les grands vins pré-phylloxériques (avant 1900) que j’ai dégustés
semblaient vraiment « intemporels » et avaient beaucoup de finesse.
Sur ce Margaux 1884, par contre, on ressent une « époque très ancienne »
et des aspects plus rustiques et surtout inhabituels à notre nez et à notre palais.
On ne peut pas dire qu’il manque de complexité si l’on décrit les sensations
parfois bizarres retrouvées: terre juste remuée, asperge en terre, racines de
montagne, violette, alcool fort sur l’absinthe, « charogne », plantes macérées,
goudron,…
En bouche, le vin est une force de la nature: il est vraiment impressionnant
au niveau de la puissance et de la concentration.
Ceci est étonnant car, dans la littérature, on parle de 1884 comme d’un petit
millésime.
Les autres convives lui ont tous donné une note plus élevée que la mienne:
ai-je été trop sévère?


CHÂTEAU GAZIN 1900 (*****)
Nez ouvert et élégant.
Les fruits noirs bien mûrs sont accompagnés par des notes de marron
et de cuir.
La race est bien là et me rappelle étonnamment celle d’anciens Haut-Brion.
Le vin est un très grand classique pur, dense et harmonieux.
C’est un sujet exceptionnel sans âge.
CHÂTEAU FILHOT 1929 (*****)
Très belle couleur or ambré.
Le nez est une pure dentelle.
Le rôti du botrytis est accompagné par des notes de thé froid, de café,
de caramel et de crème brûlée.
La petite douceur est plutôt un gras onctueux qui enrobe l’acidité
élevée du vin.
Grand Sauternes plus fin et harmonieux que puissant et riche.
L’âge ne lui est que favorable.
On ne pourrait deviner qu’il est octogénaire!





